Europe : les Grecs les plus travaillants…

European-unionPar Sophie Stival

Ça brasse encore en Europe. Les capitaux fuient les banques espagnoles. Les rumeurs de sortie de l’euro de la Grèce vont bon train. Pour éviter la réaction en chaîne, on évoque même l’idée d’une union bancaire européenne

Pendant ce temps que pensent de tout ça les habitants du Vieux Continent?

Lorsqu’on leur demande s’ils souhaitent garder une monnaie unique ou encore, quel peuple est, selon eux, le plus travaillant, les sondages dévoilent des sentiments contradictoires.  

Mais on le sait déjà, le cœur et la raison ne parlent pas toujours le même langage… 

Depuis 4 ans et le début de la crise de la dette souveraine, l’unité européenne a été mise à rude épreuve. Selon un sondage publié dans le New York Times la semaine dernière, l’Allemagne et la Grèce ne sont pas sur la même longueur d’onde.

Qui est le plus travaillant?

Le sondage a été réalisé au printemps dans 8 pays européens par le Pew Research Center et couvre 75 % de la population de l’UE.

On a demandé à ces populations de nommer le pays le plus travaillant (« most hardworking »). Comme l’indique le tableau des résultats, les stéréotypes ont la vie dure! Ainsi, on peut lire que tous les pays ont choisi l’Allemagne (cette dernière comprise) à l’exception de la Grèce qui s’est nommée en tête de liste…

Ce qui fait également sourciller, c’est que dans ce même tableau, on demandait à ces pays d'indiquer le pays le plus corrompu. Les Grecs font leur mea culpa en se désignant alors qu’une majorité de pays pointait plutôt l’Italie.

The Economist commente ce résultat étrange en nous rappelant que la Grèce est le pays européen qui travaille les plus longues heures (donnée de l’OCDE). Travailler plus longtemps ne rime pas toujours avec une plus grande productivité. Celle de la Grèce est relativement basse, rappelle le magazine économique. 

Monnaie unique et faiblesse économique

Ce sondage nous apprend également que la majorité des habitants des 5 pays qui ont l’euro comme devise souhaite conserver la monnaie unique. Pour les Grecs, ce pourcentage atteint 71 % alors que ce pourcentage n’est que de 51 % pour l’Italie.

Pourtant, quand on leur demande si leur pays a été économiquement affaibli par l’intégration européenne, c’est la Grèce qui répond le plus fortement OUI (à 70 %). Cette contradiction n’est peut-être pas si surprenante. 

Le New York Times cite Bruce Stokes, le directeur des comportements économiques mondiaux du Pew Research Center à Washington. Selon lui, c'est l'aversion au risque qu’il faut pointer du doigt. Les Grecs réalisent qu’en abandonnant l’euro ils feraient un « saut dans l'inconnu ». 

Cette nouvelle crise de confiance en Europe nous rappelle que la situation est loin d’être réglée là-bas. Et le prix à payer est vraisemblablement très lourd pour plusieurs pays. 

Selon vous, la Grèce sortira-t-elle de l'euro? 

 

 

2 réflexions au sujet de « Europe : les Grecs les plus travaillants… »

  1. La Grèce ne veut pas sortir de l’EURO. La question est plutôt, va-t-on garder la Grèce dans l’EURO. Si on chasse la Grèce de l’EURO, c’est le château de carte qui s’effondre. Comme dises nos amis anglais : Damned if you do ! Damned if you don’t!
    Ils peuvent discuter d’union bancaire tant qu’ils veulent, mais L’EURO ne survivra pas et n’avait aucune chance de survivre, à moins que cette crise constitue un point tournant et force chaque pays membre à sacrifier son autonomie et abandonner les politiques fiscales nationales au profit de la majorité et d’une harmonisation. Je préfère mes chances de voir Therrien gagner la coupe Stanley dès sa première année.
    Une union monétaire sans une union fiscale est vouée à l’échec. La Banque du Canada éprouve de la difficulté à faire l’unanimité dans sa politique monétaire au niveau national à l’intérieur d’un cadre fiscal relativement homogène. Imaginez-vous dix-sept pays différents, dix-sept politiques fiscales, onze langues officielles. Plus trois économies majeures qui se trouvent dans le marché commun, qui possèdent des parts dans la banque centrale européenne, mais n’ont pas choisi l’EURO comme monnaie nationale.

  2. @CoCo RiCo
    Vous avez raison, sans union fiscale, l’union monétaire est effectivement très difficile. Quant aux chances de MIchel Therrien, on se croise les doigts. 😉

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