Chômage chez les jeunes : l’alarme sonne

Decouragement_ordi_GPar Sophie Stival

Alors que nos jeunes protestent dans la rue, le taux de chômage des 15-24 ans alarme l’Organisation internationale du travail (OIT). 

En Espagne et en Grèce, c’est un jeune sur deux qui n’a pas de travail! Plusieurs d’entre eux s’indignent avec raison.

Selon le dernier rapport de l’OIT, il y aurait présentement 75 millions de jeunes chômeurs dans le monde, soit 4 millions de plus qu’en 2007. Ce chiffre ne comptabilise pas ceux qui, de plus en plus nombreux, abandonnent leur recherche. Et c’est dans les pays développés que la situation est la plus inquiétante. 

L’Europe et l’Afrique du Nord sont plus rudement touchées, il est vrai. La crise de la dette européenne et le printemps arabe ont empiré les choses.

Au Québec, la situation n’est pas aussi sombre, même si on peut s’attendre à ce que le conflit étudiant augmente le nombre de chercheurs d’emplois d’été.  

En mars 2012, le taux de chômage des Canadiens et des Québécois de 15 à 24 ans était de 13,9 %, ce qui nous place au 11e rang sur les 34 pays de l’OCDE. Rappelons que ce taux est fonction de la population en âge de travailler et disponible sur le marché du travail (population active). 

Doit-on s’inquiéter de cette tendance mondiale ou est-ce simplement un effet de la crise financière qui perdure dans certains coins de la planète ?

Récession et « ni ni »

C’est connu, en temps de récession ce sont les jeunes qui écopent. On arrête d’embaucher et les cohortes d’étudiants sortant des écoles professionnelles ou de l’université se retrouvent sans emploi. J’ai plusieurs amis qui ont vécu cette situation au début des années 90.

Certains décideront heureusement de rester sur les bancs d’école pour se spécialiser et augmenter leurs compétences. D’autres se contentent de travailler à temps partiel ou signeront des contrats temporaires. Ce type de contrat très courant en Europe rend presque inaccessible l’obtention d’un emploi permanent. 

Le plus inquiétant présentement, remarque l’OIT, c’est le nombre croissant de « ni ni », soit ceux qui ne sont ni au travail ni aux études. Ce taux dépasse le 10 % des jeunes dans de plus en plus de pays développés. Ils seraient plus de 6 millions. Dès qu’ils se lanceront à nouveau à la recherche d’un emploi, ils ajouteront une pression supplémentaire sur le marché du travail.

Une jeunesse désoeuvrée, ce n’est jamais bon pour une société, ni une économie. Parlez-en aux Maghrébins… 

Pistes de solution

Les solutions passent par le raccrochage scolaire et une meilleure transition entre l’école et le marché du travail. On le sait, le taux d’emploi est intimement lié au niveau de scolarité.  

Comment fait-on alors? Plusieurs pays européens ont tenté de raccrocher les jeunes sur les bancs d’école en leur offrant une formation plus pratique, note le rapport. Les programmes de stages en entreprise ou d’apprentissage, populaires en Europe, sont une bonne façon de donner une expérience pratique à ces jeunes.

On peut offrir des allégements fiscaux aux entreprises qui recrutent et forment des jeunes. Des subventions aux salaires, à la formation, de l’aide à l’entrepreneuriat peuvent également faire une différence.

Les politiques qui s’appuient sur des partenariats avec le privé donnent souvent de bons résultats, semble-t-il. 

Crise étudiante : par ici la sortie…

La crise étudiante a assez duré. La minorité récalcitrante doit retourner en classe. 

Chacun a fait valoir ses arguments. Le gouvernement a offert tardivement et maladroitement des compromis qui sont tout de même notables. Lisez le texte de Stéphanie Grammond de La Presse, si vous voulez être convaincu. Selon ses calculs, la classe moyenne et les moins nantis ne s’en tirent pas trop mal…

Oui, cette loi spéciale est une erreur qui ne fait qu’envenimer un débat trop long. Puisque le gouvernement ne saisit pas les occasions qui passent, pourquoi ne pas rappeler nous-mêmes à nos enfants qu’ils ne vivent pas en Tunisie ou en Algérie? Si le « dictateur » en place ne leur plaît pas, qu’on lui montre la porte à la prochaine élection! 

 

5 réflexions au sujet de « Chômage chez les jeunes : l’alarme sonne »

  1. Certain employé de 60 ans et plus aimerais partir graduellemen, passer de 5 a 3 jours semaines, pourquoi ne pas combiné ceci avec un étudiant qui ferais son entrée de 2 a 3 jours semaine, permet de transférer graduellement la connaissance et rends 2 personne heureuse.
    Comment transféré les connaissances entre les générations quand celui qui part est remplacé le jour même par un nouveau, sans aucune autre transition.
    Si le chomage propose le travail partagé comme solution, pourquoi ne pas offrir ce type de programme pour un an a des entreprises qui le désire, en signant la même entente.

  2. PARTIE 1
    Le chômage des jeunes c’est une catastrophe. En Espagne, le taux naturel de chômage a toujours été très élevé par rapport aux autre pays de l’OCDE. Mais là, c’est une conflagration qui va avoir des répercussions très sérieuses. En Italie, ce n’est guère mieux. J’ai des neveux et nièces qui vivent chez leurs parents et ils ont la trentaine. Ils sont bardés de diplômes, mais incapable de se caser. J’ai même un cousin qui est sans travail depuis trois ans et il est retourné, le caquet très bas, avec son épouse et ses deux enfants pour vivre chez la belle famille. Il est ingénieur ! Il fait des jobines au noir, pas parce qu’il veut frauder, mais parce que ce sont les seules entreprises qui recrutent. Personnellement, je me considère chanceux, je suis sans travail depuis bientôt 2 ans. À cinquante ans, le marché de l’emploi me laisse savoir qu’on ne veut pas de mes compétences et qu’elles sont non transférables. Je ronge mon frein et remercie le Bon Dieu d’avoir mené une vie frugale.
    Sincèrement, je crois que le raccrochage scolaire est très important. Mais je suis très loin d’être convaincu que l’enseignement supérieur pour tout le monde est la solution. De toute façon, je parie que d’ici cinq ans nous ne reconnaitrons pas nos universités et la manière dont le savoir et l’enseignement sera dispensé. J’ai bien peur que les prochains sur la hit list ce sont les profs et l’admin. Peu importe qui sera au pouvoir dans un an ! Bon sang que le choix est limité, à mes yeux, Les Marois et les Legault, de ce monde (tous deux ex-ministre de l’Éducation) ne font pas partie de la solution.
    Cette poutine gluante dans laquelle la société québécoise se trouve actuellement, c’est largement à cause de l’inertie tyrannique des boomers, ainsi que de l’autre génération cynique dont vous et moi faisons partie Mme Stival, vous savez celle qui frivolement vote par un GROS X (Xer) sur les bulletins de vote.

  3. PARTIE 2
    La minorité étudiante proteste, s’insurge et exige des comptes. Les boomers et les Xers étions la majorité alors, c’est encore le cas, nous avons décidé en tant que génération de ne pas indexer les frais de scolarités universitaires, sans parler des autres gourdes monumentales. Nous avons imposé notre volonté et notre vision tordue du monde sur les autres minorités démographiques. Notre égoïsme, notre insouciance, notre négligence, notre manque de vision, tous ces gestes politiques qui semblaient alors anodins et d’un horizon tellement lointain, vont maintenant débouler sur nos perrons un après l’autre. L’éducation ce n’est qu’un début.
    L’heure a sonné. C’est l’heure de la reddition de comptes. Oui les étudiants doivent faire leur part et ils feront leur part. Croyez-moi ! Ils auraient moins chignés, si par exemple les négos avaient débuté de cette manière. Monsieur Charest se vote une diminution de salaire de 20%, il impose une coupure de 10% aux membres du Cabinet et implore une entente non partisane pour une réduction des salaires des députés de L’Assemblée Nationale. Monsieur Charest tend la main aux syndicats des professeurs et cherche une baisse de 5 % des salaires, un gel des hausses salariales pendant cinq ans, un gel dans l’indexation des contributions de retraite. Je me demande si les profs continueraient d’arborer fièrement le carré rouge si on touchait à leurs pensions… Hmmm!
    Mme Stival vous et moi, le temps d’un clin d’œil temporel, allons bientôt nous déplacer en marchette. Tous ces jeunes réécriront nos livres d’histoire, ils porteront un jugement cinglant sur nos inaptitudes à préserver ce que je considère être le paradis sur Terre. Hélas, nous serons trop débiles ou séniles pour comprendre la portée de nos actes passés.
    Merci pour la Tribune. Ça fait du bien !

  4. Pour ma part, j’ai tenté de voter conter Charest à Sherbrooke … et je n’étais pas inscrite sur la liste électorale, pas reçu de papier avant non plus comme résidente non inscrite. Je rédige mon rapport d’impôt et je signe chaque année les coches appropriéses et je ne suis pas la seule de ma génération (entre 32 et 40 ans) qui n’ a pas été en mesure de voter cette année là. Par contre, on n’a aider des personne âgées à voter à l’hôpital. Alors quand vous dite qu »on lui montrera la porte la prochaine fois » j,ai comme un doute. Qu’il déclanche des élections maintenant. J’irai voter et je veillerai à ce que cette fois toutes les irégularités ne passent pas innaperçues.

  5. Avoir le choix entre le premier Ministre dans mon comté et un député de l’oposition le choix est facile.
    Ca fait 28 ans qui est député dans Sherbrooke (federal provincial) j’imagine qui a du faire de bonne chose dans son comté.
    On peut toujours faire une revision de la liste électorale avant une élection, faut pas attendre le jour du vote. J’imagine que les 30 a 40% qui ne vote pas n’ont pas tous le même probleme.
    Est ce que votre choix de députéou de partie va changer le taux de chomage des jeunes?

Les commentaires sont fermés.