Taux d’intérêt : pas de hausse en vue


Burse_iStock_000008155888XSPar Sophie Stival

Ça fait longtemps que la Banque du Canada nous met en garde contre une hausse éventuelle de son taux directeur. Depuis le printemps 2012, pour être plus précise.

La semaine dernière, elle a changé son fusil d’épaule ou si vous préférez, le ton de son discours. Le grand argentier juge que « la détente monétaire considérable en place actuellement demeure appropriée ».

Les prévisions économiques sont également révisées à la baisse. En d’autres mots, le taux prescrit pourrait demeurer à 1 % encore plusieurs trimestres prévoient les analystes.

D’abord, l’économie canadienne ne progressera pas aussi vite qu’on le pensait cette année (1,6 % au lieu de 1,8 %). On a également abaissé la croissance prévue l’an prochain de 2,7 % à 2,3 %. 

Bouger ou non les taux

Plusieurs fois par année, la banque centrale doit décider si elle monte, descend ou laisse inchangés nos taux d’intérêt à court terme. Ceci influence directement les taux préférentiels des banques et par la bande le coût de votre marge de crédit et de votre hypothèque à taux variable.

Une économie crée essentiellement de la richesse grâce à sa demande intérieure et à ses exportations. Si les consommateurs sont moroses, que les entreprises n’osent pas embaucher du personnel ou investir dans de la nouvelle machinerie, c’est un mauvais signe.  

Ajoutez à ça des partenaires économiques qui sont aussi sur leurs gardes et vous avez exactement le scénario qui justifie ce changement de ton de notre banque centrale. Et puisque l’inflation est toujours bien contenue (et devrait le demeurer), rien ne justifie une hausse des taux dans les mois à venir.

Freiner l’ardeur des consommateurs

Pourquoi avoir laissé planer une hausse possible des taux aussi longtemps? Sûrement pour freiner l’ardeur des consommateurs. La Banque du Canada s’inquiète depuis longtemps de la bulle immobilière et de l’endettement des ménages. 

Depuis plusieurs années, on met des bâtons dans les roues des investisseurs et spéculateurs immobiliers (resserrements des règles hypothécaires). 

Enfin, la hausse constante des emprunts des ménages est un couteau à double tranchant. On fait rouler l’économie en consommant, mais le surendettement peut aussi la fragiliser si du jour au lendemain on est pris à la gorge.

Puisque les taux d’intérêt dans le court terme pourraient demeurer faibles pendant plusieurs mois, certains consommateurs seront tentés par des emprunts à taux variable. Mais personne ne connaît l’avenir. Il faut donc pouvoir faire face à des vents contraires avant de mettre tous ses œufs dans le même panier.

Suite à cette annonce de la Banque du Canada, songez-vous à faire des emprunts à taux variable?

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À quoi sert la Banque du Canada?

 

4 réflexions au sujet de « Taux d’intérêt : pas de hausse en vue »

  1. Mme Stival,
    Ouf ! Je suis choqué ! Non, pas vraiment ! Vous connaissez très bien ma position depuis plusieurs années. Pour répondre à votre question, pensez-vous qu’un jour, il faudra rémunérer un emprunteur !?
    NM

  2. L`inflation est sous contrôle? Je ne crois pas… le panier d`épicerie et le coût de l`énergie, ceux qui nous affectent tous les jours, dépassent largement les données de la Banque du Canada.
    Ceci est la plus belle taxe déguisée gracieuseté des banques centrales de plusieurs pays qui ne finissent plus de créer de l`argent artificiellement, basé sur rien. Et ceci au profit de qui? Regardez les profits des banques!
    La banque du Canada est une institution privée… dirigée par des intérêts privés.

  3. @Bigmac
    Dans la conduite de sa politique monétaire la Banque du Canada exclut les éléments volatils de son indice d’inflation ( sans les variations de prix de l’énergie et des aliments). Elle souhaite ainsi dégager la tendance lourde. Par contre, lorsque les prix de l’énergie et des aliments sont en hausse constante, ça se reflètera à l’ensemble des prix du panier de biens mesuré par la Banque centrale. S’il y a contagion, l’inflation augmentera, ce qui ne semble pas trop le cas présentement.
    La Banque du Canada n’est pas une institution privée. Elle est devenue publique en 1938. Extrait de leur site: « Peu de temps après la fondation de la Banque du Canada et à la suite d’un changement de gouvernement, un projet de modification à la Loi sur la Banque du Canada fut présenté en vue de nationaliser l’institution. Celle-ci devint une société publique en 1938, et elle l’est demeurée. »

  4. @CoCoRiCo
    Vous poussez pas mal loin l’idée de l’endettement. Rémunérer l’emprunteur qui s’endette un peu plus… C’est assez tordu, je l’avoue…

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