Réélection d’Obama : une bataille serrée


IStock_000019398193XSmallPar Sophie Stival

Lorsque les États-Unis toussent, le Canada attrape la grippe. Ce dicton s’applique un peu moins aujourd’hui en raison de la mondialisation de nos échanges.

Il y a 10 ans, plus de 87 % de nos exportations étaient destinées au pays de l’oncle Sam. Aujourd’hui, c’est moins de 75 %. 

L’élection au sud de la frontière demeure importante pour le Canada. La réélection de Barack Obama le 6 novembre prochain est incertaine. 

Avant la convention démocrate, les sondages mettaient Obama et Romney au coude à coude. Les talents d’orateur de l’actuel président lui ont permis de prendre quelques points d’avance depuis. 

Le candidat républicain réussira-t-il à convaincre les Américains du bilan économique peu reluisant de son adversaire? La bataille sera serrée.

Le magazine The Economist affirme que l’on sous-estime les réalisations de M. Obama.


Mauvais bilan économique? 

Depuis Franklin Roosevelt, aucun président des États-Unis n’a été réélu avec un taux de chômage supérieur à 8 %. En août, le taux de chômage américain était de 8,1 %. Mit Romney s’appuie beaucoup (peut-être trop) sur cette donnée. Il demande sans cesse aux électeurs si leur situation s’est améliorée depuis 4 ans. 

Barack Obama se défend en affirmant qu’il a hérité du mauvais bilan de Georges Bush. Selon un récent sondage, 44 % de la classe moyenne croit en effet que la crise actuelle est due à l’administration Bush (contre 34 % pour M. Obama). 

The Economist a défendu ce bilan dans son édition du 1er septembre. On nous rappelle qu‘il faut remonter à 1933 (Roosevelt) pour trouver une économie aussi mal en point à l’arrivée en poste d’un président américain. 

En injectant 800 milliards de dollars dans le système financier, M. Obama a permis de sauver 3,4 millions d’emplois. En d’autres mots, sans ce stimulus le taux de chômage aurait été et serait aujourd’hui plus élevé, souligne le magazine.

Si la reprise a été aussi lente, c’est en raison de « trous d’air » imprévisibles liés notamment au prix du pétrole élevé au Moyen-Orient, au printemps arabe et à la crise de la dette souveraine en Europe. Mettons qu’il ne l’a pas eu facile. 

Quels programmes politiques?

Les deux candidats ont des propositions budgétaires totalement opposées. M. Obama propose de taxer les plus riches, d’enrayer l’évasion fiscale tout en coupant dans les dépenses du Pentagone. 

M. Romney réduirait tous les taux d’imposition sur le revenu pour aider la classe moyenne. Il ne réduirait pas les dépenses de la défense. Le retour à l’équilibre budgétaire est fixé à 2020, mais aucun chiffre n’appuie sa proposition. Ce qu’on lui reproche avec raison.

On ne parle guère des plateformes électorales des candidats. Le politologue Dick Howard disait cette semaine, sur les ondes radio de la SRC, que les promesses dans cette campagne comptent peu puisqu’elles ne sont généralement pas tenues. L’électeur moyen ne lit pas ces propositions, dit-il. À quoi bon en faire alors? 

Le charisme et les beaux discours, c’est bien, mais pour gouverner un pays il faut aussi du contenu et des propositions raisonnables. Malheureusement, en politique, le « show » passe toujours avant… 

Pensez-vous que M. Obama sera réélu le 6 novembre prochain?

Une réflexion au sujet de « Réélection d’Obama : une bataille serrée »

  1. Pas très populaire comme billet je vois !
    Je dois vous dire que je n’ai jamais particulièrement aimé OBAMA mais qu’à quelque part, je sentais que le temps était venu pour un Président de race noire. Je pense qu’un candidat de la trempe de Colin POWELL ou un Jesse JACKSON plus jeune aurait été plus présidentiable. Il s’était essayé à la convention de 84 et 88 mais le timing n’y était pas…Son fils par contre, Jesse JACKSON Jr. a 47 ans et est membre du Congrès. Qui sait ? Peut-être au prochain tour. D’ailleurs, bien que d’être un proche collaborateur de Barack OBAMA, JACKSON Jr. ne s’est jamais gêné de dire publiquement qu’il trouvait que LES OBAMAs avaient tendance à être très condescendants avec l’électorat afro-américain.
    Ils ne sont pas différents du tandem CLINTON/RODHAM. Élire Bill CLINTON c’était aussi mettre Hillary à la Maison BLANCHE, c’est pareil pour Mme Michelle OBAMA. Par contre, contrairement aux Clinton, les OBAMAs ont un petit côté technocrate moralisateur du genre, moi et mon épouse sommes tous les deux Harvard Law Review et Ivy League pis nous sommes des gens de couleur, alors c’est possible pour n’importe qui…Nous sommes très éduqués et nous savons pertinemment ce qui est bon pour vous très chers électeurs…Faut dire que Romney n’est pas mieux sauf que son discours c’est plutôt, n’importe qui peut devenir archi milliardaire…
    Pour ce qui est de la conjoncture économique. Ce n’est jamais la faute du Président élu bien sur ! Roosevelt a tôt fait de blâmer Herbert HOOVER pour absolument tout ce qu’il a hérité de son prédécesseur. Dans le folklore du Parti Démocrate on oublie de mentionner que le New Deal de ROOSEVELT a pris naissance avec Herbert HOOVER qui en désespoir de cause et contre la ligne de Parti a accepté de financer le HOOVER Dam, pour relancer l’emploi. Il a aussi taxé les riches !!!
    OBAMA me déçoit énormément mais l’alternative me semble encore plus sombre.

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