La dépression au travail: vrai ou faux?

Anxiete_ISPar Sophie Stival

La maladie mentale est la principale cause d’absentéisme au travail. Le saviez-vous? Moi non plus. 

En fouillant un peu le sujet, je suis tombée sur le livre « La dépression n’était pas dans mon plan de carrière » de l’auteure et conférencière Sylvie Giasson. 

Dans son livre elle nous rappelle que la santé mentale « dépend d’une multitude d’éléments liés à la composition chimique du corps et du cerveau, à la formation et à la circulation des pensées dans le cortex, à la gestion et à la “digestion” des émotions, ainsi qu’au sens que chacun donne à ses expériences de vie. Quand cette fine horlogerie se dérègle, il est difficile de se remettre à l’heure. »

Un travailleur qui s’absente en raison d’un problème de santé mentale ne sera pas traité par ses patrons et ses collègues de la même manière que s’il avait subi un cancer ou encore une crise cardiaque, constate Sylvie Giasson. 

Faisons tomber quelques préjugés.


Vrai ou faux?

1. Près d’une personne sur 10 souffrira d’une maladie mentale au cours de sa vie? Faux.

C’est plutôt de 1 personne sur 6. En fait, la maladie mentale est très fréquente et les troubles mentaux représentent près de 20 % de la charge des cas pour notre société, comparativement à 23 % pour les maladies cardiovasculaires et 11 % pour les cancers. 

2. La dépression fait plus de victimes que les accidents de la route. Vrai.

Le nombre de suicides reliés à la dépression (environ 950 par année) dépasse le nombre de décès sur les routes du Québec (environ 600 par année). En effet, 80% des gens qui se sont suicidés souffraient de dépression

3. La maladie mentale et la déficience intellectuelle sont intimement liées.Faux.

La maladie mentale et la déficience intellectuelle sont deux états complètement différents, qu’il ne faut pas confondre. La déficience intellectuelle se caractérise par un quotient intellectuel (QI) inférieur à la normale, alors que la personne souffrant d’une maladie mentale peut avoir un QI normal comme un QI supérieur ou inférieur à la normale. 

4. La majorité des personnes souffrant de troubles mentaux ne consultent pas. Vrai.

Les préjugés entourant la maladie mentale incitent près de 2/3 des personnes atteintes à ne pas chercher l’aide dont elles ont tant besoin. De plus, 42 % des gens aux prises avec un problème de santé mentale ne l’ont pas dit à leur famille de peur d’être jugés.

5. Les personnes touchées par la maladie mentale sont en général plus pauvres et moins intelligentes. Faux.

Personne n’est à l’abri de la maladie mentale, tout le monde peut être touché. Comme le diabète ou l’asthme, la maladie mentale touche sans discrimination des individus de toute provenance et condition sociale.

6. La majorité des crimes violents sont commis par des personnes souffrant de maladie mentale. Faux.

Bien que les croyances populaires et la couverture médiatique de tels crimes le laissent supposer, les personnes souffrant de maladie mentale ne sont pas prédisposées à commettre des crimes violents. En fait, les personnes souffrant de maladie mentale sont beaucoup plus à risque d’être les victimes de gestes violents que leurs auteurs.

7. On ne peut rien faire pour une personne souffrant de maladie mentale. Faux.

Les proches d’une personne souffrant de maladie mentale jouent un rôle de premier plan dans le rétablissement de celle-ci. Le soutien d’un proche, d’un ami ou d’un collègue peut faire toute la différence.

8. Les antidépresseurs créent une dépendance.Faux.

Il n’existe à ce jour aucune preuve que les antidépresseurs créent une dépendance. Cependant, à l’introduction comme à l’arrêt d’un antidépresseur, certaines personnes rapportent des effets secondaires tels que tremblements, maux de tête, somnolence ou agitation. Ces inconforts se résorbent généralement rapidement. On devrait en parler à son médecin qui pourra ajuster la posologie d’introduction ou de retrait en conséquence. 

(Source : Distinguer le vrai du faux, Santé et services sociaux Québec)

Avez-vous été confronté ou témoin de préjugés semblables au travail?

Pour de l'aide ou de l'information:

Santé et services sociaux Québec: ressources et liens utiles

25 réflexions au sujet de « La dépression au travail: vrai ou faux? »

  1. Effectivement, la dépression n’était pas dans mon plan de carrière…. et comme je me suis reconnue
    dans cette description des troubles dépressifs. J’ai eu la chance « exceptionnelle » d’être bien entourée
    à ce moment critique de ma vie, au départ par un médecin vigilant, puis par ma famille et quelques rares personnes-clés dans le milieu de travail (directeur des ressources humaines, secrétaire empathique, président d’un syndicat ) toutes personnes qui m’ont soutenue et empêché de poser des gestes ou prendre des décisions inopportunes dans la situation. J’ai eu un bon soutien psychologique
    également. J’ai mis plusieurs années à me sortir de cet était et c’est en recouvrant peu à peu la santé
    que j’ai réalisé comme j’avais été privilégiée d’être à ce point entourée et d’avoir eu le soutien financier pour faire face…. ce qui n’est pas le cas pour la plupart des personnes.

  2. C’est en effet un fléau du capitalisme. Les pays nordiques sont-ils plus affectés par la dépression chronique que les pays plus méridionaux?
    Souvent la dépression frappe en plein hiver. Parfois, Les personnes affectées étirent le mal pendant des années de peur d’être pénalisé dans le milieu de travail.
    Malheureusement, pas tous les dépressifs ont la chance de la bloggeuse A….Il y a énormément de préjugés, c’est une maladie assez difficile à diagnostiquer, encore en 2012. Aussi, il faut le mentionner, cette persistance de manque de précision dans la détection, fait en sorte que les fraudeurs pullulent.
    Ce fardeau toujours présent et à peine perceptible de la possibilite d’une fraude vient empoisonner l’existence déjà pénible des vrais dépressifs.

  3. Et ceux qui n’osent pas consulter se tournent vers l’alcool pour engourdir ces émotions qui les rongent!

  4. Actuellement,je vis une situation avec mon amie (depuis quelques temps seulement) est en dépression majeure dû à son patron trop exigeant.Depuis plus de vingt ans,elle s’est consacrée à l’entreprise.Aucun respect,aucun égard,aucune considération de la part de ce patron.Et pourquoi a-tt-elle demeurée à son travail??? Par besoin de faire vivre et instruire ses deux enfants.D’ailleurs,après du harcèlement psychologique majeur….elle est tombée inconsciente à l’usine et transporté à l’hôpital (de Jonquière) par ambulance.Et depuis,elle suit des traitements chez une psychologue et pour combien de temps?? Je l’ignore.Il y a un exament de conscience à faire dans le milieux du travail du côté patrona.Celà éliminerait beaucoup d’absence au travail chez les employés (ées)l

  5. Je suis présentement en dépression. Il n’y a rien qui se compare à ceci. C’est comme un vide… un énorme vide.. Je suis désolé d’être négatif, je travaille fort sur ce problème. Pour la question des anti-dépresseur, aucun succès …. même avec la dose maximal. Les gens ne vivent plus pour les bonnes valeurs. Il faut se rendre à l’évidence qu’un iPhone ça sert à rien et un cellulaire c’est pour les urgence seulement.Maintenant, tous le monde a des chateaux et des chars neufs…. est-ce logique?

  6. Malheureusement, nous ne sommes pas tous soutenu de la même facon par nos employeurs, une personne syndiqué vs une entreprise sans syndicat n’a pas la même chance, un employé qui n’a pas d’assurance salaire ne pourra pas penser vivre du chomage seulement, surtout que le chomage maladie demande des délai d’attente, 50% de son salaire avec un maximum par semaine, et selon la région, sera moins de 9 mois.
    Quand l’employé reviens au travail, si c’est un employeur pas très coopératif, l’employé a besoin d’être prêt a travailler, car ce n’est qu’une question de temps avant une possible mise a pied.
    Trop de gens ont abusé du systeme, surtout, sans vouloir dénigrer, du côté de la fonction publique, j’ai des exemples précis autour de moi, salaire net presque identique, aucune perte d’avantage, retour graduel, aucune perte ancienneté, aucune pression au retour, protection du syndicat.
    Les statistiques sont clair, plus dans la fonction publique, congé plus long, ce n’est pas pour rien que leur prime est plus grosse aussi.
    Meme loi, même maladie, mais 2 poids 2 mesures, avons nous les mêmes chances de guérison?
    Certain ont compris que 80% de ton salaire, assurance hypothécaire, assurance paiement de carte de crédit et paiement auto, c’est plus payant que d’allez travailler.
    La maladie est réel, je l’ai vécue, mais au lieu de prendre 1 a 2 ans pour guérir, ca m’a pris 5 ans, et je suis a 80% de ce que j’étais, j’ai maximiser mes vacances, utilisé tout les congé possible, arreter les semaines de plus de 45 heures. J’ai quitter ce travail depuis, ma dernière année a servi a trouver le bon travail avec 3 mois de congé (chomage) car le tout c’est terminer devant les tribunaux., j’ai recu mon premier chèque de chomage 6 mois après la demande. J’avais pas de syndicat, mon assurance hypothécaire n’a jamais voulue remboursé les 3 mois.

  7. Personnellement je trouve qu’on utilise l’appellation  »maladie mentale » quand ce n’est pas du tout le cas. Ne pas confondre dépression et maladie mentale. L’endettement peut être la source d’une spirale descendante aux allures de maladie mentale mais il n’en est rien puisque si je donne l’argent nécessaire pour régler la dette de l’individu, il se porte soudainement mieux et très visiblement. Paradoxalement on retrouve aujourd’hui la dépression bien vivante dans les milieux de travail. Demandez aux employés de Revenu Québec…La majorité des dépressions sont aujourd’hui causés par des coupures budgétaires, surcharge de travail avec moins de moyens, augmentation exponentielle d’à peu près tout ce qui s’achète, se vend ou se loue, etc… Je viens tout juste de lire que Montréal et Toronto ont les salaires moyen les plus bas de toute l’Amérique du Nord. Cette phrase à elle seule sous entend que bien des individus souffrent ou vont souffrir de dépression. Or, ces 2 provinces à elles seules contiennent leur lots d’individus dépressifs. Pas besoin de chercher de midi à quatorze heures. Et de grâce, ne vous prenez pas pour des psychologues en mélangeant dépression passagère et maladie mentale. La maladie mentale, la vraie c’est celle qu’on entend parfois comme : »Des gens en santé, c’est pas payant! »

  8. ahhhhh…on se sent pas ben dans sa peau? Réjouissez-vous puisqu’il fut un temps où de dire que la terre est ronde était considéré comme une vraie maladie mentale. Malheureusement, certaines vérités persistent toujours à être incluses dans ce domaine. Ce sont les égos qui tombent malades, l’âme elle, quand elle est entretenue par la croyance saine et juste, ne l’est jamais. On développe toujours des maladies de l’égo quand on met l’âme de côté…

  9. @Sylvain & Galilleo & Jigiloo
    Ouin ! C’est vraiment terrible comme maladie ! Il n’existe pas vraiment de béquille pour un cerveau épuisé. Les causes de la dépression. Pfffft !!! Elles peuvent être multiples : héréditaire, alcool, stress au travail, stress d’être sans travail, mortalité, obésité, insomnie…Comment dépister et diagnostiquer cette maladie, les femmes ont tendance à être plus dépressive, du moins on dénote plus de cas de dépressions que chez les hommes, mais elles s’expriment plus il faut le dire, les hommes ont le réflexe de pelleter vers l’avant et d’intérioriser. Quoique que ça change tranquillement.
    Un ami médecin m’a déjà confié que diagnostiquer une dépression c’est aussi pire qu’une péritonite. Tous les symptômes sont connus et assez évidents, c’est ça le problème. Tout le monde peut avoir un mal d’estomac a l’urgence, pour certains, malheureusement il s’agit d’une appendicite qui peut se transformer en péritonite.
    Il faut faire attention avec les statistiques et les comparaisons. J’ai bcp de difficulté à comprendre comment Toronto & Mtl sont les villes nord-américaines avec le salaire moyen le moins élevé. Primo, Toronto, c’est comme si on mettait Québec et Mtl ensemble. C’est la capitale provinciale avec tout ce que ça peut représenter comme stabilisation dans l’emploi. Un salaire à Detroit (pop. 1 million) par exemple, une ville avec 25% de chômage et 270 meurtres a date vs 19 à Moureal, avec 2 deux mois à faire encore) juste pour nommer une ville en décrépitude, ne comprends pas forcement la couverture !

  10. Un conférencier qui vous touchera !
    Lt.-Colonel Stephane Grenier
    Voir: Bureau des conférenciers Orizon

  11. Déjà pénible d’accepter ce disgnostic. Pcq nous aussi on a des préjugés. Faut se faire à l’idée, accepter la médication (pas évident) et en plus s’ouvrir à quelqu’un qu’on ne connait pas (psychologue). Ça demande bcp de volonté de lutter et d’en sortir.

  12. Ma grand-mère maternelle a eu 18 enfants. Pas 1 ou 2.5 mais 18! Ils ont tous été très bien nourris en plus de savoir tous très bien lire écrire et compter. Inutile d’expliquer que les enfants s’en sont très bien sortis aussi tout en ayant eux-mêmes au moins 4 chacun.
    Aucun d’eux ne souffrent de dépression ou maladie mentale. La raison? Ils n’avaient pas le temps de se permettre d’être dépressifs puisque ce comportement aurait fait boule de neige sur les générations succédentes. Et dire qu’il n’y avait ni psys ni pilllules. C’est assez révélateur en soi…

  13. La pertinence de vos commentaires à de quoi en déprimer plus d’un.
    Et cette pauvre dame, sous le pseudonyme « Maternelle », qui n’a pas encore compris que la plus déprimée de tous devait bien être sa feux-grand-mère avec ses 18 enfants…

  14. En Tkas, Pretxta, moi, c’est votre impertinence qui me déprime. Personne ici je pense ne se prétend un expert.
    Vous Pretexta, vous avez voyagé dans le temps et vous étiez dans la peau de cette dame qui a élevé 18 enfants et vous êtes en mesure de certifier qu’elle était trop inconsciente pour réaliser qu’elle déprimait. Moi j’appelle çà de l’ethnocentrisme historique.

  15. Merci CoCoRiCo. @ Pretext A, pourquoi refusez-vous qu’une femme qui ait donné naissance à 18 beaux enfants en santé puisse être heureuse. Etre heureux, c’est de savoir tout surmonter, même les pires épreuves. Son mari était un homme d’honneur et reconnu comme étant bon vivant et très respectueux envers sa femme. Le discours pseudo-féministe que vous semblez arborer est tellement déjà passé date. Les mises à jour du cerveau font défaut? Ne blâmez pas les femmes heureuses parce qu’elles ont toujours existées et elles existeront toujours: ce sont celles qui se foutent des commentaires comme les vôtres. Et lâchez nous avec votre discours rétrograde à la Lise Payette et ses Yvettes pour l’Amour…

  16. c’est évident a lire les commentaires que les préjugés existe toujours et les jugements facile, pour certain la dépression n’est pas une maladie mentale…
    Un cancer quelqu’il soit est un cancer, qu’il soit soignable ou non.

  17. fumer un bon joint et écouter attentivement les paroles de Bob Marley a vraiment sa dose de bien-être.  »Don’t worry…about a thing. ‘Cause every little thing gonna be alright »

  18. Je suis tellement contente de lire des textes comme celui de Sophie Stival qui parle des vraies choses qui se passent dans notre société. La maladie mentale est un fait réel peu importe le rang social ou familial. Mais trop de mythes et tabous entourent encore ce genre de maladie et malheureusement la recherche dans ce domaine accuse trop d’années de retard. Combien de personnes souffrent moralement et sont tellement incomprises de leur entourage. C’est dramatique de constater combien de gens finissent par mettre fin à leur vie pour tenter de sortir de la souffrance. Mais les dégâts suite à un suicide sont si dévastateurs, seules personnes ayant vécu cela comprennent ce que cela signifie. Je constate que d’en parler aidera a faire tomber les mythes mais je sais aussi que cela prendra beaucoup de temps.

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