Grèce et zone euro : par ici la sortie!

UnioneureopennePar Sophie Stival

L’Europe reprenait son souffle. On avait enfin trouvé un semblant de sortie de secours aux Grecs.

La dernière proposition devait effacer 50% de la dette obligataire du pays détenue par les banques. Ça représente tout de même 100 milliards d’euros! On renflouait le fameux fonds de stabilité financière de l’Europe et on recapitalisait les banques qui détenaient trop d’obligations grecques.  

L’annonce de ce premier référendum en près de 40 ans a surpris tout le monde. Le premier ministre de la Grèce devait agir. Son propre parti était en train de l’abandonner. Les Grecs devront donc décider s’ils appuient ou non ce plan de sauvetage.  

En attendant ce référendum prévu on ne sait trop quand, la Grèce a plusieurs comptes à rendre. Elle a besoin de plusieurs milliards de ses amis de la zone euro pour rembourser ses créanciers et payer ses employés.

Se peut-il que la Grèce vive ses derniers moments dans la zone euro?


Oui, affirme Paul Mason de la BBC. Si les Grecs n’acceptent pas ce plan de sauvetage, la dette grecque sera indomptable et le pays fera carrément faillite.

La Grèce brise déjà presque toutes les règles d’adhésion à la zone euro. Son premier ministre a tenté sans succès d’acheter du temps en restructurant l’économie, mais les difficultés de l’Espagne et de l’Italie n’ont pas aidé la Grèce.

Seul le parti communiste grec souhaite une sortie de l’euro, explique M. Mason. Les autres partis comprennent dans quel pétrin seront les Grecs advenant le retour de la drachme. Dévaluation massive, inflation importante, dette étrangère qui explose, etc. Un lourd prix à payer pour rester maître chez soi. 

Proposer un tel référendum c’est comme lancer un 25 cents en l’air en espérant pour le mieux, dit avec justesse Paul Mason. Un geste romantique qui doit faire comprendre au peuple que le sort de la Grèce est entre ses mains. 

Croyez-vous que la Grèce sortira de l’euro?

Pour en savoir plus:

L'euro: condamné à disparaître?
   

5 réflexions au sujet de « Grèce et zone euro : par ici la sortie! »

  1. Si la réponse au référendum est NON, la Grèce n’aura pas d’autre choix que revenir à sa monnaie mais…c’est certain que sa monnaie va descendre en chute libre, créer une crise économique car la dette sera toujours en Euro.
    Il faut être plus analytique. Quelle est l’économie de la Grèce? Le tourisme, la mer, les câpres, le lait de chèvre et quoi d’autre? Je ne saurais répondre.
    Mais…si la monnaie descend, cela fera accourir les investisseurs. Donc, à moyen terme, la Grèce s’en sortirait mieux en revenant à sa monnaie.

  2. « ..la Grèce a besoin de plusieurs milliards de ses amis…’’ Euh ! Mme Stival, la Grèce n’a pas d’amis. Je crois que les apparatchiks du parlement européen ont plus peur des conséquences d’un retrait de la Grèce que d’un défaut de paiement souverain. Un retrait du marché commun causerait un effet domino qui détruirait le SMU.
    Ce n’est pas un hasard si les trois pays européens autosuffisants en pétrole ne sont pas membres de la CEE. La Norvège n’a jamais voulu et le peuple l’a validé par un référendum. La Russie n’a jamais voulu mais laisse planer la possibilité d’une adhésion. Le R-U est un membre depuis 1973 seulement, mais n’a jamais voulu abandonné la livre sterling et refuse obstinément d’intégrer le SMU. Le Danemark a également refusé d’adopter l’EURO mais est importateur net de pétrole. La Suède repousse l’éventualité d’une adoption depuis son entrée dans la CEE en 1995 et le refus de la population dans le referendum de 2003 a reporté toute intégration à la zone EURO aux calendes (permettez-moi l’expression) grecques.
    Mettons que l’EURO est fragile depuis le début. J’ai toujours pensé qu’à l’instar des américains qui n’ont jamais vraiment payé le véritable prix du pétrole en abusant du droit de seigneuriage ‘’of the GOD ALLMIGHTY BUCK’’, les Européens dépendant de l’or noir ont conjointement décidé de refiler la facture aux pays exportateurs, c’est-à-dire, a forte majorité arabes. Les arabes ont écopé en voyant une dévaluation substantielle de leurs pétrodollars et ils écoperont encore avec une dévaluation de leurs pétro-euros.
    Qui sait, peut-être que la Grèce, tout comme l’Argentine parviendra à se remettre sur pied après un retrait de la CEE.

  3. Pourquoi la Grèce ne cède-t-elle pas une partie de son territoire à ses créanciers?Je suis sûr que
    beaucoup de pays aimerait avoir des iles dans la Méditerranée.

  4. Je pense que c’est une bonne idée, d’ailleurs l’Italie y a déjà pensé et plusieurs iles sont à vendre. Seulement voilà, le club des ultras riches ne mordent pas pour l’instant. Ils se méfient. Rien de plus facile pour un État souverain que de confisquer ces iles dans l’avenir par une simple promulgation spéciale. Par exemple, dorénavant, l’ile MOUK MOUK sera un parc national ou une biosphère protégée. Bye Bye titre de propriété. Je ne crois pas que Washington enverrait les Marines pour récupérer un caillou qui appartient à un milliardaire. Quoique qui sait !?

  5. @andre grenier
    « Pourquoi la Grèce ne cède-t-elle pas une partie de son territoire à ses créanciers? »
    Le processus est en marche depuis l’été 2010

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