Conciliation travail-famille: soyons plus imaginatifs!

Bebe_IS2 Plus d’un jeune médecin (omnipraticien) sur trois ne
fait jamais de « bureau », peut-on lire dans
le dossier de
couverture du dernier numéro de L’actualité
(Comment sauver le médecin de famille?). Le désir d’avoir une meilleure qualité
de vie explique notamment ce manque d’intérêt pour la prise en charge d’une
clientèle. On revient toujours à l’équilibre de plus en plus important pour les
jeunes entre leur travail et la vie personnelle.           

 

La conciliation
travail-famille est un enjeu de société majeur, particulièrement dans le
secteur de la santé. La lourdeur du travail des médecins est assez connue de la
population. Ses conséquences le sont un peu moins et pourtant, nous en payons
tous le prix en fin de compte.

La conciliation travail-famille demeure au
cœur de cette détresse comme l’exprime une femme médecin, témoignage tiré d’une
recherche

publiée en 2007 :

« Ma
priorité numéro un : ce sont mes enfants. Je suis vraiment déchirée entre
le temps que je passe à l’hôpital et le temps que je passe à la maison. Je me
sens coupable de ne pas être à l’hôpital et quand je suis là, je me sens
coupable de ne pas être avec mes enfants. Combien de fois me suis-je fait
dire : “Maman, tu viens toujours me chercher en dernier… ”? »

Le soutien aux familles
(congé parental, garderies à 7 $) coûte chaque année plusieurs milliards
de dollars aux contribuables. L’effort est plus que louable. Mais le conflit entre
le travail et la vie personnelle demeure une réalité quotidienne persistante. À
l’heure du vieillissement de la population et à la veille d’une pénurie de
main-d’œuvre spécialisée, comment les employeurs peuvent-ils atténuer le
problème?

 

Pourquoi ne pas
simplement offrir plus de flexibilité aux familles? Il n’est parfois pas très
coûteux de réaménager le temps de travail de ses employés, de modifier les
semaines de travail et les congés. Des exemples? Favoriser le télétravail (à
domicile), proposer des banques d’heures pour répondre aux urgences familiales
ou encore, permettre aux conjoints séparés de travailler plus les jours où ils
n’ont pas la garde de leurs enfants et leur redonner ces heures la semaine
suivante

.    

Les cadres et
chefs d’équipe doivent avoir les coudées plus franches et se montrer plus
ouverts.

Un employé
insatisfait ou épuisé sera démotivé et son taux d’absentéisme sera plus élevé.
Et l’État ne peut à lui seul régler tous les problèmes. Pour attirer et
maintenir une main-d’œuvre de qualité, les employeurs devront donner l’exemple
et mettre la main à la pâte en consultant le personnel et en étant plus
imaginatifs. 

 

Quelles sont
vos solutions?

3 réflexions au sujet de « Conciliation travail-famille: soyons plus imaginatifs! »

  1. Et oui, c’est ce que vivent de nombreuses personnes à chaque jour, concilier le travail et sa famille!
    Je fais partie de ces travailleuses de la santé. Je suis une professionnelle déchirée très souvent entre mes enfants et le travail. La pression que nous subissons est de plus en plus accentuée à cause de la pénurie de main d’oeuvre.
    Pourquoi cette pénurie? Le secteur est de moins en moins compétitif avec bien d’autres.
    Nous rencontrons encore malheureusement beaucoup de résistance pour instaurer cette flexibilité d’horaire.
    Il faut, oui, donner plus de latitude, d’autant plus que nous sommes une majorité de femme au travail dans ce secteur.
    Mais pour cela, il faudra s’attaquer également, et ce sérieusement,`au problème de pénurie. Il faut attirer des jeunes dans nos secteurs. Et ce n’est malheureusement pas en continuant de nous couper dans nos conditions tant salariales qu’organisationnelles! Il est là aussi le problème!
    Il ne faut pas voir les salariées de la santé comme une dépense, mais plutôt comme un investissement collectif.
    33% de nos salaires retournent dans les coffres de l’État sous forme d’impôt, 60% sont dépensés en biens communs (épicerie, commerces, loisirs…) dans nos régions respectives et à peine 7% est placé. La moyenne provinciale de nos salaires bruts annuels: $36 000. Hauts salariés?
    Cette conciliation dont vous parlez, oui, nous la désirons! Conciliation travail-famille qui s’étend souvent jusqu’à nos parents aujourd’hui! Aidants naturels obligent! Et oui, nous aussi, vivons les mêmes réalités que le reste de la population. Cette conciliation est au coeur de nos demandes dans la négociation de nos conditions de travail qui s’amorce! Et celle-ci passe par l’attraction et la rétention du personnel dans nos réseaux!
    Pendant ce temps, des choix politiques font en sorte de laisser passer le non paiement des impôts de grandes entreprises et j’en passe…. On se prive délibérément de revenus! Caisses électorales obligent là également!

  2. Cet article ne discute que du personnel de la santé. Je connais des médecins qui ont les moyens de se payer des nounous, mais quand on est une monoparentale qui fait 30000$ par année dans une entreprise privée non-syndiquée…. La conciliation travail-famille c’est: « si t’es pas contente, trouves-toi un emploi ailleurs ! » .Ils n’ont pas de pénurie de main d’oeuvre à voir leur pile de CV. Le Québec, comme sa médecine, est de plus en plus à deux vitesses. Les travailleurs de l’État et les autres. Pour la majorité des petites, moyennes et même grosses entreprises de notre Belle Province, la conciliation travail-famille ce n’est que du bla-bla pour faire bon effet, et c’est quand il daignent en parler. Du rêve, du vent. En attendant, nous les sans-voix, on s’arrange.

  3. @Chantal Charette
    Loin de moi l’idée de catégoriser le problème de la conciliation travail-famille aux médecins ou au secteur de la santé. Mais en lisant le dossier du magazine l’actualité, j’ai compris que cette problèmatique touchait tout le monde (secteur de la santé compris). Vous avez toutefois raison, les familles monoparentales, ceux qui ont des emplois précaires ou dans le privé ont moins de marge de manoeuvre dans leur négociation avec leur employeur. D’où l’importance pour les patrons (pme, privé aussi) d’être plus flexibles et ouverts.

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