REER : pas pour tous?

Argent_Banque_IS Par Sophie Stival

« Les REER ne sont pas pour tout le monde». C’est le titre d’une chronique parue il y a quelques jours sur le site d’information et d’analyse financière morningstar.ca, qui a piqué ma curiosité. Alors qu’on nous bombarde d’informations de toutes sortes sur le fameux régime enregistré d’épargne-retraite, c’est inusité.

Gail Bebee nous énumère dans ce billet quelques situations où « votre argent pourrait être mieux placé ailleurs » que dans un REER. Des propos qui me paraissent sensés.


Dettes coûteuses
Si vous avez de la difficulté à rembourser vos cartes de crédit et que vous n’arrivez pas à boucler votre budget, il n’y a pas lieu de cotiser à un REER. Il faut être réaliste et comparer le coût d’emprunt de vos dettes par rapport au rendement généré dans votre REER. Plusieurs cartes de crédit facturent des frais de 18 % à 20 %, un coût bien loin du rendement actuel des marchés financiers.   

Il faut également évaluer quels seront vos revenus à la retraite. Si vous avez accès à un régime de pension de l’État (fonction publique), cotiser en plus à un REER alors que vous êtes serré au quotidien n’est peut-être pas la meilleure chose.

Mieux vaut rembourser ses dettes les plus coûteuses avant de placer pour la retraite. Madame Bebee cite David Trahair, l’auteur du livre Comment prendre une retraite confortable sans le marché boursier, les fonds communs ou même un conseiller en placements (Wiley, 2009) qui va plus loin et préconise de « payer toutes les dettes, y compris l'hypothèque sur la maison, avant d'investir un autre dollar dans un REER ». Un peu exagéré, à mon avis…

Ce qu’il faut retenir de cette approche, explique la chroniqueuse de Morningstar, c'est qu’en ne cotisant pas chaque année à son REER on se crée des droits de cotisation non utilisés qui seront reportés dans le futur. Quand nos dettes sont remboursées, on aura plus d’argent à investir et on pourra alors réellement tirer profit de ces droits accumulés. Les chances que notre salaire soit plus élevé à ce moment-là sont réelles et on risque alors de payer plus d’impôt et ainsi de tirer le maximum par dollar cotisé (plus grand remboursement fiscal).

Ouvrir un CELI

Depuis son lancement en janvier 2009, vous pouvez cotiser jusqu’à 5 000 $ annuellement dans le Compte d’épargne libre d’impôt. Si vous n’avez pas de CELI encore, ça veut dire que vous pouvez cotiser jusqu’à 15 000 $ cette année.

Si vous avez de l’épargne et que vous prévoyez payer plus d’impôt dans le futur, vous devriez placer maintenant cet argent dans un CELI au lieu d’un REER, croit Gail Bebee. Vous risquez en effet de payer plus d'impôt au moment de retirer des sommes de votre REER que l'avantage fiscal au moment de cotiser au REER.

Contrairement au REER, le CELI vous permet de retirer votre argent en tout temps sans être imposé (argent après impôt) et vous pouvez déposer à nouveau toutes ces sommes retirées (l’année suivante ou plus tard). Si vous retirez des sommes de vos REER, par contre, elles seront entièrement imposées et vous perdrez vos droits à tout jamais.

Payer les études de votre enfant

Pour chaque tranche de 2500 $ que vous versez à un Régime enregistré d'épargne-études (REEE) pour un enfant admissible, le fédéral vous donne une subvention canadienne pour l'épargne-étude de 500 $. On ne devrait pas bouder un rendement immédiat de 20 %, d’autant plus que vous reportez à plus tard vos cotisations à votre REER.

Pour les ménages qui ont des revenus de moins de 40 970 $, une prime de 20 % supplémentaire est ajoutée sur la première tranche de 500 $ versée annuellement à un REEE.

Les familles qui gagnent entre 40 970 $ et 81 941 $ auront droit à un crédit supplémentaire de 10 %. Le fédéral verse également aux familles à faible revenu des Bons d'épargne-étude. Enfin, les programmes d’études postsecondaires admissibles sont plus nombreux qu’on peut le croire.

Pour en savoir plus sur le REEE, lisez ma chronique : Épargne-études : pas seulement pour les riches!

Qu’en pensez-vous?

10 réflexions au sujet de « REER : pas pour tous? »

  1. Pour le REEE, ne pas oublier que le niveau provincial ajoute jusqu’à 250 par enfant annuellement plus une majoration pouvant atteindre 50$ pour les familles àfaible revenu.

  2. Il ne faut pas oublier non plus que le REEE est non déductible dans l’année ou il est cotisé et il est imposable ds l’année ou l’étudiant le retire. Il y a donc une double imposition. Je crois que l’économie d’impots sur le REER est plus importante que la bonification du REEE. Surtout pr les familles dont le revenu annuel depasse les 100 000 $.

  3. @Steve
    Vous oubliez qu’au moment de retirer l’argent du REEE, le revenu est imposable pour son bénéficiaire (l’étudiant). Habituellement, les étudiants ont très peu de revenus et ne paient pas ou peu d’impôts. Ça demeure donc un outil d’épargne avantageux même pour les familles qui ont un revenu élevé. Merci.

  4. si je comprend bien ex … celi:5000$-2000$+2000$=5000$ vrai et faux (7000$) donc penalité de 20$ (1%) par mois sur la somme excédentaire.

  5. @adfhau6
    Vous faites référence à la pénalité de 1% par mois en cas de cotisation excédentaire, je crois. Il faut faire bien attention. Vous pouvez déposer à nouveau les sommes retirées du CELI, mais seulement l’année suivant le retrait. Le gouvernement a instauré cette règle pour éviter notamment la spéculation (ventes et rachats de placements sur une courte période). Merci.

  6. @adfhau6
    Extrait: « … donc suivant l’exemple precedent j’ai doit a 3000$(-2000) ou 7000$(+2000) cette année. Sii je comprend bien ex … celi:5000$-2000$+2000$=5000$ vrai et faux (7000$) donc penalité de 20$ (1%) par mois sur la somme excédentaire. »
    Réponse: Je ne suis pas certaine de comprendre votre exemple (CELI de 5000$ avec un retrait de 2000$, l’an dernier?). Si vous avez retiré 2 000$ de votre CELI l’an dernier, vous avez le droit cette année de cotiser 5000$ pour 2011 plus vos retraits de 2010, soit 2 000$, pour un total de 7 000$. Votre exemple suppose que vous ayez cotisé votre 5 000$ en 2009 également. Le plus simple, c’est d’appeler votre banquier ou celui qui vous a ouvert votre CELI et de lui poser vos questions. Merci.

  7. Il est vrai que les Reer ne sont pas pour tout le monde, voyez ce que j’ai découvert en préparant ma retraite. Vos commentaires SVP Merci
    Reer ou non-Reer
    • Un couple économise 4000.$ par année pour investir pour leurs retraites pendant 20 ans, soit 80,000.$. Il on le choix entre des placements Reer et économiser de l’impôt ou payer toute leurs impôts et investir la différence dans des placements non-Reer.
    • Pour les calculs on présume un rendement annuel moyen de 4% autant pour les placements non-Reer que ceux Reer.
    • On présume un taux d’imposition de 35% pour l’impôt à payer sur les intérêts annuels des placements non-reer ainsi que pour l’économie d’impôt à l’émission des Reer.
    • Comparativement au 4,000.$ par année investie dans des placements Reer, si les placements sont non-Reer le couple aura à payer à chaque année environ 1,400.$ d’impôt, économies non réalisé si ce serait des Reer. Donc le montant investie pour la retraite est réduit à 2,600.$ par année. De ce montant on réduit également l’impôt à payer sur les intérêts à chaque année.
    • A la fin le solde serait de 67,196.$ libre d’impôts si investie
    dans des placements non-Reer. ( Pour un coût de 80,000.$)
    • Si investie dans des placements Reer le solde serait de 119,112.$ imposable. ( Pour un coût de 80,000.$)
    Prenons exemples maintenant d’un couple comme beaucoup qui non aucun régime privé de retraite et qui doit compter que sur ses économies. Le couple désire profiter à la retraite de leurs économies pendant 10 ans, soit de 65 à 75 ans.
    Pour le calcul on présume un revenu annuel des rentes du Québec pour le couple à 10,000.$ par année, soit 8000.$ pour l’époux et 2000.$ pour l’épouse et on se base sur les régimes gouvernementaux en vigueur pour 2011.
    Suite
    Le revenus du couple à la retraite si on utilise les économies des placements non-Reer soit 67,196.$ sur 10 ans,
    (6,720.$ par année, moitié- moitié)
    Époux Épouse
    8000.$ Rente Qué. 2000.$ Rente Qué
    6290.$ Séc. Vieil. 6290.$ Séc.Vieil.
    2936.$ Sup.Garantie 2936.$ Sup. Garantie
    3360.$ Rev. Placements 3360.$ Rev.Placements
    ———- ———
    20,586.$ 14,586.$
    282,$ impôt sur 14,290.$ impôt nul sur 8,290.$
    ————
    20,304..$
    • Revenus net du couple = 34,890.$
    —————————————————————————–
    Revenus du couple à la retraite si on utilise les économies des placements Reer soit 119,112.$ sur 10 ans, soit 11,911.$ par année en présumant un retrait de 60% pour époux et 40% pour épouse.
    Époux Épouse
    8000.$ Rente Qué. 2000.$ Rente Qué.
    6290.$ Séc.Vieil. 6290.$ Séc.Vieil.
    7146.$ Retrait Reer 4765.$ Retrait Reer
    ——— ————
    21,436.$ 13,055.$
    2,241.$ impôts 115.$ impôts
    ——— ————-
    19,195.$ net 12,940.$ net
    • Revenus net du couple = 32,135.$
    Note; Le retrait de 11,911.$ de Reer ajouté au Rentes du Qué. pour le calcul du droit au supplément de revenu, élimine ce droit.
    —————————————————————————-
    On remarque que, à la retraite le couple aura 2,755.$ de plus par année soit 27,550.$ pour les 10 ans si les épargnes sont non-Reer,
    et ce pour le même montant de 80,000.$ économisé.
    Si le couple économise 100,000.$ soit 5,000.$ par année au lieu de 4000.$, la différence sera de 3,255.$ de plus par année en faveur des non-Reer. (Consuté sur le web, Tableaux des Taux de la Sécurité de Vieillesse ainsi que Impôts net pour calculs déduction )

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