Exit le bonheur à crédit?

Credit_IS2Par Sophie Stival 

À la radio, à la télé, dans les journaux et même la fin de semaine, entre amis, le sujet nous préoccupe. Des questions surgissent. Pourquoi sommes-nous si endettés? La consommation est-elle vraiment la solution miracle au ralentissement économique? Y a-t-il une limite à l’endettement? 

Certains poussent le raisonnement un peu plus loin (comme Patrick Lagacé de La Presse). Pourquoi consommons-nous démesurément? Les notions de satisfaction, de motivations émergent. Accoter notre voisin, c’est-à-dire avoir une voiture, une piscine, une télé ou un BBQ aussi beaux et performants que lui, n’est peut-être plus la priorité des priorités…


Se peut-il que le bonheur à crédit ne nous tente plus autant? C’est vrai que l’élastique est bien étiré. On n’a qu’à penser au préfixe « sur » qui impose sa présence ces dernières années. Par exemple, la surconsommation mène au surendettement. 

Cette prise de conscience mènera-t-elle quelque part? Doit-on lancer la pierre seulement sur nos gouvernements et nos banquiers? 

On nous martèle que nous sommes trop endettés. C’est vrai. On peut bien sûr blâmer les bas taux d’intérêt des dernières années et l’accès facile au crédit en tout genre. J’ai moi-même dénoncé il y a quelques semaines les offres hypothécaires alléchantes de nos grandes banques. Alors que les autorités crient haut et fort leurs craintes vis-à-vis l’endettement des consommateurs et la surchauffe immobilière, ces dernières ont réduit leur taux d’un demi pour cent pour gagner de nouvelles parts de marché.

Nos valeurs

Mais le problème de la surconsommation et de l’endettement est bien plus profond que ça. Ça en est un de société, de valeurs. Comment change-t-on nos habitudes de consommation? Comment ne plus se définir en fonction de la perception de son voisin? La solution n’est pas simple ni unique.

La publicité nous lance des messages subliminaux. On nous convainc que notre bonheur dépend du nouveau gadget, de la dernière version d’un tel joujou informatique. On en vient à se définir comme personne qu’en fonction de ce qu’on possède ou non. La meilleure façon d’éviter ces pièges c’est encore de se poser des questions. Avant de connaître l’existence de cette bébelle, est-ce que je m'en portais plus mal?

Pistes de solution

C’est dès l’enfance qu’on doit éduquer nos enfants à la valeur de l’argent. Ça commence par la façon d’utiliser son allocation hebdomadaire. La notion d’épargne devrait vite être inculquée, il me semble. L'école et les parents ont un rôle à jouer. On confond nous mêmes les termes besoin et désir, alors imaginez les plus petits… 

La réforme de la Loi sur la protection du consommateur l’an dernier a permis de mettre en place des mesures concrètes pour contrer le surendettement. On restreint l’accès trop facile à ceux qui sont déjà endettés et on a refroidi le zèle des prêteurs. Par exemple, on ne permet plus à des ados d’avoir des cartes de crédit (sauf après 16 ans, avec l’accord signé d’un parent). C’est peut-être trop peu trop tard… 

Quelles sont vos solutions à la surconsommation?  

Pour en savoir plus :

Relancer l’économie : consommer toujours plus?

Oui à l’éducation financière à l’école!

Série l'argent (par Patrick Lagacé, La Presse) 

11 réflexions au sujet de « Exit le bonheur à crédit? »

  1. Il y a deux ans à peu près, je ne nommerai pas la banque, mais disons qu’une banque s’était installé avec kiosque itout dans un métro très achalandé près de chez-moi. Il n’y a aucun CEGEP, aucune université de proche, mais par contre, il y a un high school, 2 écoles privées, une école secondaire publique française. On distribuait les items promotionnels et les promesses comme des queues de castors gratos. J’ai failli vomir sur le kiosque.
    En sortant du métro, j’ai aperçu 2 autos patrouilles et je me suis empressé de dire aux policiers qu’à l’intérieur j’avais vu deux dealers de crack. La blague a duré deux secondes. Vous en faites pas messieurs les agents. Ce ne sont que des banquiers.

  2. Je crois que nous sommes tous à blamer et je dirais que le fondement de ces endettements vient en parti du fait que les gens ont perdu certaines valeures. Si on retourne quelques années en arrière, la faillite était la honte pour ceux qui s’en prévalait. Aujourd’hui, c’est devenutellement banal, que certaines personnes en sont à leur deuxième et troisième faillite et on sont fières.
    Je crois que nous avons un problème de société et c’est à tous et à chacun de prendre ses responsabilités. Oui je suis consciente que nous sommes envahies par une tonne de publicité qui provient des magasins, des banques etc….. mais, il en demeure à chaque consommateur de se poser la question suivante: ai-je les moyens de faire cette dépense?? car il en demeure notre reponsabilité d’acheter ou pas!

  3. À ce jeu de surconsommation qui sont les véritables gagnants. À court terme les grandes entreprises, mais à long terme, avec les crises économiques interminables, les pertes d’emplois et les fermetures diverses y en a-t-il vraiment. Plusieurs parlent des pays émergeants mais ils travaillent pour des salaires misérables pour produire des produits de consommations bas de gamme.
    Avez-vous pris soin d’analyser la durée de vie des articles de consommation courante ? Attention, ici je parle d’électros ménagers qui ont une durée de vie de moins de dix ans et de jeux électroniques de valeurs passant les 500 $ qui peinent à passer les deux ans. J’ai encore une vieille console nintendo très fonctionnelle acheté fin 80 alors que j’en suis à ma seconde Xbox en six ans et je suis un joueur très modéré.
    Nous sommes engagés dans une spirale de consommation très dangereuse pour la société dans son ensemble et pour laquelle il faudra une prise en charge personnelle certe, mais également une prise en charge collective afin d’y mettre un terme. Serez-vous de ceux et celles qui oseront lancer le bal ?

  4. Tout le modèle économique est basé sur la consommation. L’autre jours j’écoutais les nouvelles et le journaliste annoncait que la consommation avait SEULEMENT augmenté de 1% au lieu de 2% et que ceci pouvait amener a un ralentissement économique et une autre récession bla bla bla (elle a quand même augmenté!!!). JE ne comprend pas le but de toujour avoir plus…
    J’ai 30 ans, et en parlant avec des gens de ma génération, je me rends compte qu’il y en a beaucoup qui commence a en avoir assez de cette mentalité baby-boomers de toujours avoir plus et toujours plus gros. Je crois que le balancier revient un peu plus vers des valeurs familiales.
    Je gagne un très bon saliare et je ne gaspille pas mon argent. L’Année passée ma conjointe et moi somme acheté une maison, lorsque nous somme passer à la banque nous demandions un prêt d’environs 250-300 000$ pour faire l’Achat de la maison choisie. D’après nos salaires nous pouvions facilement avoir un hypothèque de 500 000 et il ne comprennait pas pourquoi nous achetions une maison de SEULEMENT 260 000$. Il a fallu être plus que ferme pour leurs dire qu’une limite de 300 000 était amplement. Nous sommes très heureux dans notre petite maison avec des petits payments et surtout AUCUNE dettes à part notre hypothèque bien sûr
    Bonne Journée

  5. Bonjour à tous,
    j’ ai confiance à la relève; et oui, nos enfants sont beaucoup plus informés sur la consommation abusive et destructive à tous les niveaux, surtout pour l’ environnement ! Ils commencent très jeune à apprendre le respect de notre belle planète si fragile et de faire le lien entre achat = poubelle et beaucoup plus de sous dans nos poches !
    La bonne vieille méthode est de mise; leur apprendre la simplicité volontaire, ce qui est un plus pour le futur ! Le niveau d’ endettement de chacun est bien certain entre les deux oreilles ! Après tout, nous ne sommes pas obligés de suivre les traces des baby boomers et des banques si affamées …C’ est tout à fait vrai que ce que nous achetons, est de courte durée…alors, c’ est à chacun d’ entre nous d’ y penser avant de consommer ….et de bien vérifier le pays de fabrication !

  6. je crois simplement que les gens ne font pas la difference entre ce qu ils desirent et ce qu ils ont besoin. car les deux ne vont pas forcement de pair. Et il y a aussi que beaucoup de gens vivent a cours terme seulement sans prevoir pour leurs future avec consequence qu ils se reveillent un jour et comprennent trop tard ce qu ils auraient du faire. ( le fameux j aurais donc du ).

  7. Selon moi, le surendettement n’est pas près de disparaître, ne vous en déplaisent !!! Je ne pense pas surprendre personne en disant que le coût de la vie et les salaires n’ont pas monté au même rythme ce qui fait que pour pouvoir avoir quelque chose nous devons nous endetter. Combien d’entre vous peuvent se permettre, sans avoir recours à aucune forme de crédit, demain matin de s’acheter une nouveau frigo car l’ancien à lâché la veille ou de remplacer la transmission de sa voiture qui est tombé en panne ??? Surement pas beaucoup !!! Avant de m’acheter quoi que ce soit, je me demande toujours est-ce que j’en ai vraiment besoin et est-ce que j’en ai les moyens, si non, je passe mon tour mais il arrive que j’ai besoin de quelque chose sans avoir l’argent pour me l’acheter donc je mets ça sur VISA. Le problème est que la situation économique n’améliorera pas la chose avec le gaz qui est supposé monté à +/-1.80$/litre cette été (selon le CAA) le reste montra lui aussi mais les salaires non car quelqu’un, un jour, à eu l’idée saugrenue que l’économie pouvait être mondiale et que les pays dit « développés » ou « industrialisés » se devaient d’être compétitif vis-à-vis d’autre pays qui valorisent le « cheap labor », l’exploitation des travailleurs et le travail des enfants. Donc regarder votre chèque de paye et dites vous bien que même si dans 10 ans la vie coûtera plus cher, votre chèque, lui, sera le même………..

  8. C’est quand même fascinant qu’en faisant les ventes de garages, les bazars et les brics à brac ont y trouvent des objets de tous les jours qui sont très vieux et qui peuvent servir encore plus longtemps que les mêmes objets achetés neufs.
    Ça fait trente ans que j’en fais un mode de vie, avec un peu d’ingénuité et de l’imagination, il est possible de recycler, adapter ou intégrer n’importe quoi dans n’importe quel décor. Je peux affirmer par contre qu’à présent même dans ce monde du recyclage, de la réutilisation, je ne vois pratiquement plus d’objets pré- 1970.

  9. À chaque fois que ce genre de problème est abordé par les médias, ils tournent autour du pot plutôt que de le casser, avec des mots bien entendu (c’est ainsi qu’il faut commencer, n’est-ce pas?). Depuis plus de deux siècles, Jean-Jacques Rousseau a mis le monde en garde contre un système qui capitalise sur la compétition, sur l’avidité, sur la cupidité de l’être humain; car il ne peut qu’engendrer des victimes et des monstres pour tirer leurs ficelles. Le capitalisme tel que conçu, est à la base de presque tous les maux de notre société moderne et il n’y aucun système d’éducation qui saura contrer ses travers ni ses effets néfastes.
    Pour en revenir au sous-problème soulevé par madame Stival : la consommation est une forme de compensation tout comme la bouffe, face à la méconnaissance du vrai bonheur ou à l’incapacité d’y accéder. Le vrai bonheur est simple : des relations humaines chaleureuses simples, imprégnées d’amour et d’amitié, exemptes d’ego exacerbé (fruit de la publicité comme disait madame Stival). C’est simple et compliqué à la fois car nous n’avons ni le temps ni l’envie de côtoyer l’autre. Le temps, parce que nous courrons sans cesse dans les structures, infrastructures et superstructures produits par notre système (même une petite partie de soccer pour des enfants de 4 ans est structurée on ne peut plus). L’envie, parce que la fausse solitude (télé, internet, ipod, etc) et la vrai sont plus agréables que la compagnie de gens qui carburent à l’ego et qui vous parlent d’auto, de BBQ supergadgette, de télé 777 pouces (lol) et j’en passe. Ceci est aussi valable pour les victimes à l’ego gonflé que pour ceux qui y échappent grâce à la culture. La quête du bonheur est dans les gênes de l’être humain et même de l’animal. Tant que nous ne casserons pas ce système, nous ne sortirons jamais de l’auberge, ni de la spirale de problèmes qu’il engendre.
    La solution? Ce n’est ni la place ni le moment, et d’ailleurs je n’ai pas le temps, ça va de soi.

  10. @Patcom37
    Il est vrai que la durée de vie de plusieurs biens de consommation n’est plus la même qu’avant. L’ obsolescence programmée fait peur. C’est aussi vrai pour tous ces gadgets électroniques (ordinateurs, consoles de jeux…) qui ne sont plus à la fine pointe rapidement… Tous ces déchets s’ils ne sont pas recyclés causeront un tort irrémédiable à notre planète.
    @Stanley Colimon
    Merci d’avoir cassé le pot avec vos mots. Le sujet est vaste, vous avez raison. 🙂

  11. On peut blâmer quelque entité corporative, gouvernementale, publicitaire et quoi d’autre, mais la surconsommation est une simple question de CHOIX. Personne ne nous a jamais tordu le bras pour ce faire. La base de la surconsommation est toujours issue d’une pathologie psychologique et/ou émotive. Je pense qu’il faudrait commencer là. En fait, chez certains et même si les psys n’en parlent qu’en survol, la surconsommation peut facilement se traduire en tant que maladie mentale…lol!

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