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04/02/2013

Assurance auto : les pauvres paient-ils plus que les riches?

Cle_ISPar Sophie Stival

Vous êtes un mauvais conducteur? Ce n’est pas grave, si vous êtes riche. Ce titre du magazine Time m’a fait sursauter.

Selon une étude menée par le Consumer Federation of America (CFA), les automobilistes américains à faible revenu paient des primes d’assurance plus élevées que leurs voisins riches, et ce, même s’ils sont de meilleurs conducteurs…

Les assureurs canadiens seraient aussi dans la mire des protecteurs du citoyen. 

Le CFA a testé les primes de deux faux conducteurs auprès des 5 plus grandes compagnies d’assurance américaines, dans 12 villes. Le premier détenait une maîtrise et occupait un poste de cadre. L’autre avait un secondaire V et était réceptionniste.

Dans les deux tiers des cas, la prime à payer était inférieure pour le riche conducteur, malgré que ce dernier ait causé un accident alors que l’autre avait un dossier de conduite vierge.

Pourquoi? 

Les assureurs se défendent en affirmant que les personnes plus pauvres vivent souvent dans des quartiers où les risques de cambriolages sont plus élevés, où les gens conduisent plus que les gens aisés (?), ou encore, qu’ils ont des cotes de crédit inférieures. L’usage des cotes de crédit est de moins en moins toléré pour prédire le risque représenté par un conducteur, note l’article du Time.

Bref, que le conducteur ait ou non une conduite irréprochable n’a pas autant d’importance qu’on peut le croire dans le calcul de sa prime. Déprimant non?

Selon l’analyste du CFA, les assureurs offrent peut-être des primes plus basses aux conducteurs aisés en espérant leur vendre ensuite d’autres types de produits plus lucratifs comme de l’assurance-vie, de l’assurance habitation, etc.

Au Canada

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a accusé en décembre 2011 les compagnies d’assurance automobile de facturer des primes plus importantes dans certains quartiers pauvres de l’Ontario (et accueillant de nombreux immigrants).

Des chercheurs du NPD en Ontario ont testé le profil de conducteurs fictifs en changeant simplement le lieu de résidence. La prime passait du simple au double selon que le conducteur habite un quartier défavorisé de Toronto (Jane-Finch) ou un plus chic (Lawrence Park).

Le Bureau d’assurance du Canada (BAC) s’est défendu en affirmant que plusieurs facteurs entrent dans le calcul de la prime. Ceci inclut le nombre de réclamations d’assurance dans le quartier.

Pensez-vous qu’il existe dans le domaine des assurances, une discrimination basée sur le revenu au Québec?

Saviez-vous que :

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Sophie StivalSophie Stival

Négocier des milliards de dollars pour une grande banque canadienne sort de l'ordinaire. C'est ce que Sophie Stival a fait durant plus de dix ans. Depuis l'automne 2008, Sophie est journaliste indépendante et écrit des articles à saveur financière. Elle a notamment collaboré avec le journal les affaires, le magazine Châtelaine et la revue Conseiller. On peut aussi voir Sophie à la télé où elle tient occasionnellement une chronique sur l’actualité économique et financière.



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