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26/06/2012

Nouvelles règles hypothécaires : le Québec plus pénalisé?

Couple_maison_IS2Par Sophie Stival

Ce 4e resserrement des règles hypothécaires depuis 2008 ne devrait pas nous surprendre. Les rumeurs couraient depuis janvier dernier. Les institutions financières sont plutôt d’accord. La source du problème : l’endettement record des ménages au pays.

Les taux sont à des niveaux si attrayants que rien ne semble vouloir ralentir l’activité immobilière au Canada. La décision est donc logique et justifiée. Mais au Québec, la surchauffe du prix des maisons et des condos n’est pas aussi dangereuse qu’à Vancouver ou Toronto, par exemple.  

Cette décision est-elle pour autant injuste pour le Québec? Sûrement pas.

Comment freiner autrement l’ardeur des acheteurs et ralentir l’augmentation des prix des propriétés? En haussant bien sûr les taux d’intérêt et par ricochet les taux hypothécaires. 

Les sombres perspectives de l’économie mondiale ont déjoué les plans de la Banque du Canada. Desjardins, par exemple, ne prévoit pas de hausses de taux avant la fin de 2013.

Le cas du Québec

Il est vrai que le marché immobilier n’est pas aussi survolté au Québec que dans certaines villes de l’Ouest et en Ontario. Mais en restreignant d’un océan à l’autre ces règles, on s’assure de lancer un signal clair à toute la population. On a été trop loin par le passé, on corrige maintenant le tir. Ce qui n’est pas une mauvaise chose.

L’APCHQ ou l’Association provinciale des constructeurs d’habitations du Québec craint que ces règles touchent l’accès à la propriété. Le gouvernement fédéral prétend que seuls 5 % des nouveaux acheteurs seront touchés. Selon l’APCHQ le quart des nouveaux acheteurs optent pour l’amortissement 30 ans. 

En abaissant la période maximale d’amortissement de 30 à 25 ans, on s’assure que les futurs propriétaires paieront en fin de compte, moins d’intérêt et surtout, qu’ils auront plus rapidement un actif à eux.

En d’autres mots, il est peut-être prudent pour ces familles, souvent des jeunes, de retarder leur achat de quelques années ou encore, de faire le choix d’une propriété plus abordable.

On oublie que 25 ans c’est long. Les taux ne resteront pas toujours aussi bas. Si dans 5 ans, les taux hypothécaires ont augmenté de 2 %, que se passera-t-il? Les mensualités des emprunteurs ne seront plus les mêmes. Plusieurs ménages lourdement endettés ne pourront plus rembourser l’ensemble de leurs emprunts (cartes de crédit comprises).  

En limitant les refinancements à un prêt maximal de 80 % de la valeur de l’habitation, on s’assure qu’on ne rembourse pas ses dettes de consommation en hypothéquant totalement sa résidence. C’est une question de bon sens.

Rappel des changements aux règles

Dès le 9 juillet prochain,

  • La période maximale d’amortissement passera de 30 à 25 ans. Elle a déjà été de 40 ans!
  • Le prêt maximal consenti sur la valeur de l’habitation passe de 85 % à 80 % (marge hypothécaire, refinancement). Ce taux était de 95 % avant 2010.
  • Certains ratios d’admissibilité sont resserrés.

Le régime d’accès à la propriété (RAP) demeure un outil précieux pour ceux qui souhaitent s’acheter une première résidence. Voici un document informatif produit par l’Autorité des marchés financiers : Sachez RAPer sans déraper! Il aborde également la question de l’assurance prêt hypothécaire.

Serez-vous pénalisés par ces nouvelles règles hypothécaires? Qu’en pensez-vous?

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Sophie StivalSophie Stival

Négocier des milliards de dollars pour une grande banque canadienne sort de l'ordinaire. C'est ce que Sophie Stival a fait durant plus de dix ans. Depuis l'automne 2008, Sophie est journaliste indépendante et écrit des articles à saveur financière. Elle a notamment collaboré avec le journal les affaires, le magazine Châtelaine et la revue Conseiller. On peut aussi voir Sophie à la télé où elle tient occasionnellement une chronique sur l’actualité économique et financière.



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