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21/06/2010

Pénurie de places en garderie: quelques solutions

Garderie_IS  Au Québec, que vous gagniez 100 000 $ ou 25 000 $ par année, vos enfants ont tous le droit d’aller dans une garderie à 7 $ (par jour). C’est ce que les politiciens appellent l’universalité de l’accès aux services de garde. Mais nous savons tous que c’est faux. À preuve les listes d’attente qui s’allongent d’année en année.

Il en coûte environ 45 $ par jour au gouvernement pour financer une place en garderie. Est-ce soutenable à long terme? Comment s’assure-t-on d’offrir ces places à ceux qui en ont le plus besoin et surtout, sans les pénaliser davantage (lire autre billet)? Voici quelques propositions.

Tarifer selon les revenus

La différence entre le vrai coût d’une place en garderie et celui d'une place subventionnée est d'une quarantaine de dollars par jour par enfant. Ça représente un coût annuel de 10 000 $ par enfant. N'oublions pas que les frais de garde en Ontario ou ailleurs au Canada excèdent souvent 50 $ par jour. Quand les Québécois paient 7 $, peu importe leur revenu, ça coûte très cher aux contribuables.

Comme le suggère dans son blogue Jean-François Lisée du CÉRIUM (directeur du Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal), inspirons-nous de ce qui se fait en France ou ailleurs. Faisons varier le tarif en garderie en fonction du revenu. À l'aide de sa déclaration de revenus, on nous assigne une cote (1 à 5). Le quintile supérieur paie le vrai coût d'une place en garderie, à 3 on paie un prix médian et à 1 ou 2, on paie beaucoup moins.

L'économiste David Descôteaux (Institut économique de Montréal) nous rappelle aussi dans une lettre au public qu'« à sa première année en 1997, le programme (des garderies subventionnées) coûtait 290 millions. Aujourd’hui, il nous coûte plus de deux milliards. Sept fois son coût initial, en seulement 13 ans ».

Hausser les frais de garde à 10 $

Beaucoup de gens proposent de simplement hausser le tarif universel à 10 $ par jour. Cette solution n'élimine pas le vrai problème, qui est celui de l'accessibilité. À 10 $, ça coûtera encore trop cher. S'il y a d'aussi longues listes d'attente, c'est que les places sont rares. Nos finances publiques ne nous permettent plus d'en ajouter de nouvelles à 7 $. Ça serait aussi un mauvais calcul politique, car il faudra tous les 2 ou 3 ans augmenter à nouveau le tarif (de 5 $ à 7 $ à 10 $ à...).  

En modulant les tarifs en fonction du revenu, on s'assure d'un service public de meilleure qualité et qui est accessible à un plus grand nombre d'enfants. 

Commencer l'école à 4 ans

Dans plusieurs pays, le système scolaire public prend en charge les enfants dès 4 ans. Bien que l'école obligatoire ne commence bien souvent qu'à 6 ans, les enfants peuvent aller à la maternelle (France), l'école enfantine (Suisse) ou au jardin d'enfants dès trois ou quatre ans. Cette étape leur permet de socialiser et d'apprendre dans un système déjà en place et encadré.

Intégrer tous les enfants de 4 ans dans le réseau scolaire public n'est pas gratuit. Pour ce faire, il faudrait envisager d'autres sources de revenus. Rappelons qu'au Québec, la maternelle est déjà accessible aux enfants de 4 ans qui proviennent de milieux défavorisés.   

Quelles sont vos solutions?

Autre billet :

Garderie à 7 $ : pas toujours le gros lot

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Sophie StivalSophie Stival

Négocier des milliards de dollars pour une grande banque canadienne sort de l'ordinaire. C'est ce que Sophie Stival a fait durant plus de dix ans. Depuis l'automne 2008, Sophie est journaliste indépendante et écrit des articles à saveur financière. Elle a notamment collaboré avec le journal les affaires, le magazine Châtelaine et la revue Conseiller. On peut aussi voir Sophie à la télé où elle tient occasionnellement une chronique sur l’actualité économique et financière.



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