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17/03/2010

Y a-t-il une limite à l'endettement mondial?

Dettes_IS L’état des finances publiques du Québec fait beaucoup jaser ces temps-ci. Mais quand on entend ce qui se passe en Islande, à Dubaï, en Grèce et même en Californie, la situation semble encore plus inquiétante.

Notre planète (lire pays industrialisés) souffrirait-elle d’endettement chronique?

Dans un rapport sur les dettes souveraines, l’agence de notation anglaise Moody’s a lancé lundi un avertissement aux détenteurs des meilleures cotes de crédit (AAA). Si le Royaume-Uni, la France, les États-Unis et l’Allemagne n’ont pas à craindre une décote, il reste que « le petit risque qu'ils (ces pays) ne parviennent pas à maintenir leurs finances sous contrôle, et soient donc dégradés, a augmenté ».

Le cas de la Californie
Aux États-Unis, le PDG de la société financière JP Morgan Chase, Jamie Dimon, a déclaré lors de sa dernière assemblée annuelle qu’il était plus préoccupé par la solvabilité de la Californie que celle de la Grèce. La 8e économie mondiale s’attend à un déficit budgétaire de 20 milliards en 2010. Des chiffres qui inquiètent les détenteurs de sa dette, on s’en doute.

La possibilité que l’État le plus populeux des États-Unis (presque 37 millions d’habitants) éprouve des problèmes à rembourser ses créances laisse craindre à plusieurs financiers (comme M. Dimon) un effet de contagion à l’ensemble des États-Unis.

Le prix des plans de relance
Les plans de relance économique très coûteux posent un vrai dilemme présentement à ces pays lourdement éprouvés par la crise financière. Ces États convalescents doivent à la fois stimuler leur économie tout en réduisant leurs dépenses afin de montrer à ceux qui détiennent leur dette (souvent des étrangers) qu’ils feront tout pour les rembourser.

Si les créanciers devaient perdre confiance (ou patience), ils vendraient en masse leurs titres de dette. Instantanément, le taux de refinancement de ces États augmenterait en flèche. De même, un simple défaut sur le remboursement des intérêts suffirait à alimenter les rumeurs d’insolvabilité et ferait le tour de la planète financière en quelques secondes. Un scénario catastrophe pour un État. 

Durant la dernière crise, plusieurs banques (américaines) ont déclaré faillite. Les pouvoirs publics sont intervenus pour sauver les plus importantes. Maintenant, ce sont les États qui crient au secours. Qui les sauvera cette fois-ci? On verra dans les prochains mois, s’il y a une limite à l’endettement. Le Québec et le Canada peuvent certainement tirer des leçons de cette situation…

Autre billet :

Europe : pas de pitié pour les pays « cochons » (PIGS)

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Sophie StivalSophie Stival

Négocier des milliards de dollars pour une grande banque canadienne sort de l'ordinaire. C'est ce que Sophie Stival a fait durant plus de dix ans. Depuis l'automne 2008, Sophie est journaliste indépendante et écrit des articles à saveur financière. Elle a notamment collaboré avec le journal les affaires, le magazine Châtelaine et la revue Conseiller. On peut aussi voir Sophie à la télé où elle tient occasionnellement une chronique sur l’actualité économique et financière.