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10/03/2010

La peur, une stratégie d'affaires?

Peur_IS La peur est un sentiment de forte inquiétude à la pensée d’un danger ou un état de crainte dans une situation précise (Petit Larousse). Selon Pierre Simard, professeur à l’École nationale d'administration publique (ÉNAP), la peur est la stratégie d’affaires de plusieurs gouvernements et groupes d’intérêts. La dernière campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1) en témoigne.

Existe-t-il vraiment un marché de la peur? Est-il en déclin? M. Simard nous propose une vision un peu plus rationnelle que la simple théorie du complot. À vous de décider…

« On ne gère plus le risque : la moindre menace se transforme plutôt en catastrophe appréhendée. On s’est même donné une règle de gestion, celle du principe de précaution.Ainsi, depuis vingt ans, les menaces de catastrophes planétaires se succèdent en rafale. Mais après le bogue de l’an 2000, la grippe aviaire, la grippe porcine, le réchauffement climatique et la grippe A (H1N1), la florissante industrie de la peur traverse une crise sans précédent », explique M. Simard.

D’après lui, puisqu’il est coûteux (en temps) de trouver soi-même la vérité en faisant des recherches, le citoyen s’en remet le plus souvent aux médias. Dès qu’une nouvelle est diffusée à la télévision ou dans les grands quotidiens, on suppose qu’elle est vraie. Dans le cas des catastrophes annoncées (bogue de l’an 2000, réchauffement planétaire, grippes virulentes), les médias ont relayé ces scénarios alarmistes allègrement.

Je vous l’accorde, M. Simard, beaucoup de citoyens ont perdu confiance à l’endroit des politiciens et des groupes d’experts (OMS, GIEC). Mais il ne faut pas sous-estimer la puissance des réseaux sociaux (Internet, Facebook, Twitter) dans toute cette théorie du complot. Beaucoup de citoyens jouent aux journalistes et diffusent leurs propres théories et relaient à d’autres des informations sans vérifier leurs sources. Cette multitude de renseignements ne fait qu’embrouiller des situations déjà assez compliquées.

La campagne de vaccination québécoise contre la grippe A (H1N1) a été faite en agitant le spectre d’une grave pandémie. La presse quotidienne a propagé des histoires plus inquiétantes les unes que les autres. Les chroniqueurs nous ont parlé de solidarité sociale. La panique était réelle. Dans les faits, les chiffres sont encore approximatifs (mortalité notamment) et il faudra encore plusieurs mois avant d’avoir un vrai portrait de ce virus. Pour l’instant, plus de peur que de mal.

Mais dans toute cette histoire, même les scientifiques se contredisent. Alors, imaginez la population! Le mieux, c’est encore de lire quelques sources « fiables » et d’utiliser son propre jugement.

Quelques liens pertinents et complémentaires :

Pour le point de vue scientifique de la grippe :
• Blogue de Valérie Borde (L’actualité.com) : Pandémie ou fumisterie?

Le conflit d’intérêts entre l’OMS et l’industrie pharmaceutique :
• Dossier de la revue Protégez-vous : L’OMS au banc des accusés

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Sophie StivalSophie Stival

Négocier des milliards de dollars pour une grande banque canadienne sort de l'ordinaire. C'est ce que Sophie Stival a fait durant plus de dix ans. Depuis l'automne 2008, Sophie est journaliste indépendante et écrit des articles à saveur financière. Elle a notamment collaboré avec le journal les affaires, le magazine Châtelaine et la revue Conseiller. On peut aussi voir Sophie à la télé où elle tient occasionnellement une chronique sur l’actualité économique et financière.