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15/03/2010

Immigration: une mosaïque au travail en 2031

En 2031, près de la moitié des Canadiens de 15 ans et plus sera née à l'étranger ou aura au moins un parent né à l'étranger. Cette projection vous surprend? Elle est tirée de la dernière étude de Statistique Canada sur la diversité de la population. À moins que vous ne viviez à Québec (ville), où la population immigrante est de moins de 4 %, ce portrait n’est pas si étonnant. Après tout, il y a un siècle, déjà un Canadien sur cinq était né hors de ses frontières!

Au-delà du débat houleux et subjectif sur l’intégration des immigrants et les accommodements raisonnables, ces prévisions me semblent plutôt rassurantes. Le Québec et le Canada  ayant impérativement besoin des immigrants pour se développer économiquement. Je m'explique.

Personne n’ignore que le principal problème qui guette le marché du travail au Québec d’ici quelques années, c’est le vieillissement de sa population. Les départs à la retraite (des baby-boomers) seront grandement responsables de la pénurie de main-d’œuvre importante prévue d’ici une quinzaine d’années.

Même si les Québécois font plus de bébés depuis quelques années, le vieillissement de son peuple demeure « inéluctable et il s’intensifiera au cours des prochaines années », affirme l’Institut de la statistique du Québec (p.11).

« La part des personnes de 65 ans et plus devrait surpasser celle des moins de 15 ans dès 2011. Dans 20 ans, 15 % de la population aura moins de 15 ans, 60 % aura entre 15 et 64 ans et 25 %, une personne sur quatre aura 65 ans et plus», ajoute l’ISQ.

Pour maintenir un bassin de travailleurs adéquat, il faut accueillir plus d’immigrants proposait le Conference Board dans un rapport publié il y a un peu plus de deux ans. On entend par là, attirer des immigrants qualifiés afin de pourvoir des postes spécialisés où les besoins se font sentir. Mais encore faut-il accepter de reconnaître leurs diplômes et leurs expériences (pas une mince affaire ici).

L’an dernier, les immigrants ont gagné de plus faibles salaires que les Canadiens d’origine, ils occupaient généralement des postes à temps partiel ou temporaire (malgré eux), et ce, tout en étant bien souvent surqualifiés (Statistique Canada). La plupart des nouveaux arrivants souhaitent seulement travailler et gagner honnêtement leur vie.

En 2031, l’un de vos voisins sera vraisemblablement venu d’ailleurs pour le meilleur et pour le pire. Permettons à tous ces gens d’intégrer un marché du travail qui les traitera décemment. N'oublions pas que plus il y aura de travailleurs, plus il y aura de contribuables qui paieront des impôts pour le bien-être commun. C’est mathématique!

Qu’en pensez-vous?

Autre billet : Travailleurs immigrants : employabilité en danger!

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Sophie StivalSophie Stival

Négocier des milliards de dollars pour une grande banque canadienne sort de l'ordinaire. C'est ce que Sophie Stival a fait durant plus de dix ans. Depuis l'automne 2008, Sophie est journaliste indépendante et écrit des articles à saveur financière. Elle a notamment collaboré avec le journal les affaires, le magazine Châtelaine et la revue Conseiller. On peut aussi voir Sophie à la télé où elle tient occasionnellement une chronique sur l’actualité économique et financière.