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18/03/2010

Dollar canadien: la parité est une bonne chose

Reine_IS Il y a quelques jours, la Banque CIBC prévoyait la parité du dollar canadien cet été. Mais le maintien des taux d’intérêt très bas chez nos voisins du Sud a devancé cette prédiction. Les problèmes budgétaires de l’Europe et des États-Unis ont aussi affaibli l’euro et le dollar américain contre notre devise.

Faut-il s’inquiéter de cet envol printanier de notre huard (99,05 cents américains mercredi)? Sûrement pas!

On dit souvent que nos exportations sont les premières à souffrir d’une appréciation de notre monnaie. Le Québec ayant un secteur manufacturier plus important, une devise forte se répercute directement sur les profits de ces entreprises en augmentant leurs coûts de main-d'œuvre et de production.

Par contre, l’avantage que procure une devise faible peut aussi jouer de vilains tours. Elle permet aux entreprises moins efficaces, qui n’ont pas investi dans des équipements ou de la machinerie modernes, de survivre. Quand la monnaie d’un pays s’apprécie rapidement, la compétitivité de ses entreprises s’affaiblit du même coup.

Mais depuis janvier 2002, moment où notre devise est tombée sous la barre des 62 cents américains, les entreprises exportatrices du Québec ont tranquillement perdu cet avantage concurrentiel. Pour demeurer productives et rentables, elles ont dû s’adapter, se moderniser et certaines, oui, ont dû fermer boutique.

Le libre-échange combiné à une devise forte encourage les meilleurs à tirer leur épingle du jeu. Bien sûr, la Chine brouille un peu les cartes. En plus de verser de bas salaires à sa main-d’œuvre, on l’accuse de favoriser ses entreprises exportatrices en sous-évaluant sa monnaie (politique de parité fixe vis-à-vis du dollar US).

Mais il ne faudrait pas oublier que le marché chinois présente des opportunités d’affaires importantes pour certaines de nos entreprises. Parlez-en à l’ex-maire de Montréal, Pierre Bourque. Depuis 2006 (et bien avant), il jette des ponts entre le Québec et la Chine grâce à son entreprise Constellation Monde.
 
Enfin, une devise forte permet d’augmenter le pouvoir d’achat des consommateurs en rendant les biens importés moins chers. Et n’oublions pas que si notre devise prend du poil de la bête, c’est que notre situation financière est beaucoup plus solide (ou moins précaire si vous préférez) que bien d’autres pays.

Un petit voyage aux États-Unis cet été, ça vous tenterait?   

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Sophie StivalSophie Stival

Négocier des milliards de dollars pour une grande banque canadienne sort de l'ordinaire. C'est ce que Sophie Stival a fait durant plus de dix ans. Depuis l'automne 2008, Sophie est journaliste indépendante et écrit des articles à saveur financière. Elle a notamment collaboré avec le journal les affaires, le magazine Châtelaine et la revue Conseiller. On peut aussi voir Sophie à la télé où elle tient occasionnellement une chronique sur l’actualité économique et financière.