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18/02/2010

Financement hypothécaire: hausse des taux en vue

Couple_Maison_iStock_000002 Beaucoup d’experts souhaitaient que le fédéral resserre les conditions d’accès à la propriété. Les dirigeants des six grandes banques canadiennes ont même demandé au gouvernement d’augmenter à 10 % la mise de fonds initiale pour tous les acheteurs de résidences en plus de réduire la période maximale d’amortissement de 35 à 30 ans.

Dans les faits, se sont des mesures plus douces qui ont été annoncées cette semaine par le ministre des Finances, Jim Flaherty. Or, nous savons tous que les taux d’intérêt remonteront sous peu (en 2010 sûrement). Si nos banquiers, qui contrôlent 75 % du marché hypothécaire évalué à 940 milliards de dollars, sonnent la cloche, c’est sûrement que l’élastique est un peu tendu…

Le Globe and Mail rappelle dans un article que les hypothèques canadiennes représentent 40 % des prêts des banques majeures, ce qui est une part importante de leur portefeuille. Que nos hypothèques soient pour la plupart assurées par la Société canadienne d’hypothèque et de logement (gouvernement du Canada) peut sembler rassurant. Ce sont les acheteurs (consommateurs) qui paient la prime, mais on oublie peut-être que le risque demeure entre les mains du gouvernement et donc des contribuables. Un peu moins réconfortant si le marché immobilier devait s’écrouler…

Une poussée inflationniste suffirait à justifier des hausses de taux d’intérêt plus rapides que prévu. Au niveau où ils sont situés, une hausse de 100 points de base (1 %) pourrait faire très mal aux consommateurs surendettés qui verraient leurs paiements hypothécaires grimper en flèche (hypothèques à taux variable notamment). Respecter les conditions d’acceptation pour un taux fixe cinq ans, fait plein de sens quand les taux sont aussi bas historiquement.
   
Il n’y a probablement pas de vraie bulle immobilière au Canada, mais les taux bas des dernières années ont certainement permis au marché résidentiel de poursuivre sur sa lancée, et ce, malgré la récession. Le marché de l’habitation américain nous a également donné toute une leçon en 2008-2009. Pourquoi ne pas s’en servir? Bien sûr, laisser les gens prendre des risques et s’endetter selon leur bon jugement aurait été moins paternaliste, je vous l’accorde.

La récréation tire à sa fin. Même les banquiers feront moins d’argent avec ces nouvelles règles plus strictes. Non seulement les spéculateurs auront la vie moins facile, mais ceux qui n’ont pas les moyens de s’acheter la maison de leur rêve devront être plus réalistes. On ne peut pas être contre le simple bon sens.

Qu’en pensez-vous? Est-ce que ces nouvelles règles vont changer ou déjouer vos projets d’achat d’une propriété?

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Sophie StivalSophie Stival

Négocier des milliards de dollars pour une grande banque canadienne sort de l'ordinaire. C'est ce que Sophie Stival a fait durant plus de dix ans. Depuis l'automne 2008, Sophie est journaliste indépendante et écrit des articles à saveur financière. Elle a notamment collaboré avec le journal les affaires, le magazine Châtelaine et la revue Conseiller. On peut aussi voir Sophie à la télé où elle tient occasionnellement une chronique sur l’actualité économique et financière.