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15/02/2010

Europe: pas de pitié pour les pays « cochons »!

PIGS, c’est ainsi qu’on appelle les pays en difficulté et fortement endettés d’Europe. PIGS pour Portugal, Irlande, Grèce et Espagne (Spain). On ajoute parfois l’Italie à cet acronyme peu glorieux en raison de sa dette publique la plus élevée d’Europe ! Mais c’est la Grèce qui est en ce moment le souffre-douleur

Les problèmes des finances publiques de ce pays ont fait le tour du monde. On craint qu’Athènes ne fasse défaut sur sa dette (300 milliards d’Euros). Mais pourquoi s’énerve-t-on autant? Plusieurs allégations confirment que la Grèce a joué à la cachette en présentant des statistiques économiques peu fiables, et même en dissimulant l’ampleur de sa dette. L’Union européenne a peur de l’effet domino. Sa devise unique (Euro) est également malmenée.

Faut-il craindre un effet de contagion à toute l’Europe ou même au monde entier?

Après un changement de gouvernement, en octobre dernier, le déficit budgétaire grec a été révisé fortement à la hausse (de 3,7 % à 12,7 % du PIB). Certains ont parlé de tricherie honteuse des gouvernements précédents. Les créanciers internationaux n’aiment pas du tout ce manque de transparence. Le coût d’emprunt de la dette grecque a bondi.

Pour ajouter à l’éclat du scandale, le New York Times écrivait dimanche que certaines banques (comme Goldman Sachs) auraient aidé Athènes à cacher sa dette colossale. Grâce à un montage financier complexe qui remonte à 2001, après son adhésion à l’Union monétaire européenne, la Grèce aurait pu emprunter des milliards à l’insu du public. Commission perçue par Wall Street, selon le NYT : 300 millions de dollars!

Mais faut-il craindre une contagion à toute l’Europe ou bien pire? Le Times répond à cette question. « Une banqueroute du pays affecterait les banques qui lui ont prêté de l'argent et aurait des effets dans le monde entier ». Toutefois, comme c’est le cas pour « les grandes institutions financières sauvées de la faillite par les pouvoirs publics pendant la crise, la Grèce est "trop grosse pour tomber"», écrit le journal américain.

Pas de pitié pour les PIGS

La réalité des habitants de ces pays n’est pas rose. Dans le site d’information européen presseurop.eu on exprime la vision de la Pologne. « Fini le laxisme à l'égard de l'Europe du Sud », annonce le quotidien de Varsovie Dziennik Gazeta Prawna au sujet du Portugal, de l'Italie, de la Grèce et de l'Espagne. « Protégés par l'euro, ces pays […] se sont souvent autorisés à mener des politiques économiques de courte vue, jugées irresponsables - la forte croissance de la zone euro dissimulant leurs problèmes structurels. »

Seules des « coupes budgétaires drastiques et l'imposition d'une discipline financière »  semblent être la solution. Mais ceci pourrait se faire au détriment d’une reprise économique qui se fait attendre, observe le quotidien. Les Espagnols aussi ont la vie dure : leur dette publique s'élève à 67% du PIB et l'endettement des consommateurs atteint 177% du PIB ! Et c’est sans parler des chiffres de chômage qui sont démesurés là-bas. Près d’un Espagnol âgé de moins de 27 ans sur deux (45%) est chômeur. 

Pour beaucoup d’experts, cette crise constitue le plus important test que doit vivre l’Europe depuis l’avènement de sa monnaie unique en 1999. 

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Sophie StivalSophie Stival

Négocier des milliards de dollars pour une grande banque canadienne sort de l'ordinaire. C'est ce que Sophie Stival a fait durant plus de dix ans. Depuis l'automne 2008, Sophie est journaliste indépendante et écrit des articles à saveur financière. Elle a notamment collaboré avec le journal les affaires, le magazine Châtelaine et la revue Conseiller. On peut aussi voir Sophie à la télé où elle tient occasionnellement une chronique sur l’actualité économique et financière.