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10/12/2009

Ruée vers l'or: attention!

Gold  Le prix de l’or a fracassé des records ces dernières semaines. Les explications sont multiples (voir autre billet). Le métal jaune est habituellement un refuge à l’inflation ou à l’incertitude économique. Les banques centrales ayant imprimé beaucoup de billets pour relancer leurs économies cela pourrait contribuer à cette hausse généralisée des prix (inflation).
 
Acheter des pièces et des lingots d’or est de plus en plus populaire, affirme François de Lassus, du Conseil mondial de l’or, le 23 novembre dernier à Carole Graveline (journaliste de Radio-Canada). Les banquiers centraux (Inde, Russie, etc.) rachètent de l’or du Fonds monétaire international, car ils veulent détenir un actif plus tangible. Si eux le font, pourquoi monsieur et madame tout le monde ne le feraient pas?

Les professionnels des marchés financiers disent souvent que lorsque l’engouement gagne le petit investisseur, c’est le temps de prendre son profit et même de miser contre lui. Dans le cas de l’or, bien qu’il existe encore des arguments en sa faveur, le dernier chiffre d’emploi américain (robuste) et la hausse des taux dans certains pays jouent contre les spéculateurs. Acheter de l’or à 1 200$ est, il me semble, un petit jeu dangereux pour le particulier. Mais vous n’êtes pas tous d’accord avec moi.

Le magasin de luxe Harrods annonçait en octobre qu’il vendrait désormais de l’or en barre à ses clients fortunés… La faiblesse des taux d’intérêt, de la monnaie américaine et anglaise conjuguée à la baisse des prix immobiliers offre peu d’alternatives intéressantes aux investisseurs nantis. Le marché de l’or pour les particuliers s’avère être une niche inexploitée, mais ce n’est pas pour toutes les bourses à 466,000 $ US le lingot de 12,5 kg (prix du 15 octobre)! On peut aussi en acheter au gramme.  

Louis Boulanger, actuaire et spécialiste des marchés financiers, croit que l’or est la monnaie la plus sûre. Le Québécois d’origine vit en Nouvelle-Zélande depuis une trentaine d’années et s’intéresse particulièrement au prix de l’or. Dans le cadre d’une conférence de l’Association CFA Montréal (analystes financiers agréés) en février prochain, il expliquera sa vision de la chose.

Voici la description de son exposé :

« L’Or, c’est de la monnaie et rien d’autre ». C’est exactement ce qu’a dit JP Morgan lui-même quand on lui a demandé, en 1913 lors d’une enquête du Congrès américain, quel était le rôle de l’or dans le système financier.  On a oublié tout ça aujourd’hui. On préfère faire confiance aux banques centrales, à l’élite financière et aux autorités gouvernementales. Eh bien, il est grand temps de se réveiller, car le système financier global en est rendu possiblement à ses derniers jours; surtout si les banques centrales continuent d’opérer comme tel. […] Le système monétaire global de Bretton Woods non seulement n’existe plus, mais nous sommes à la dérive totale, sans ancre. Les devises ne font pas que flotter, elles coulent. Cette présentation vise à démystifier l’idée que l’or n’est qu’une relique barbare et, qu’au contraire, c’est pour l’instant la monnaie la plus sûre.

Parions que M. Boulanger fera salle comble. J’ajouterais qu’il n’est pas non plus totalement neutre puisque son entreprise (LB Now) est un courtier autorisé de BMG BullionBars, qui offre notamment de l’or en lingots de différents formats : 1 kg, 100 onces et 400 onces.

Acheter des lingots d’or? Quel beau dilemme de riche!

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Sophie StivalSophie Stival

Négocier des milliards de dollars pour une grande banque canadienne sort de l'ordinaire. C'est ce que Sophie Stival a fait durant plus de dix ans. Depuis l'automne 2008, Sophie est journaliste indépendante et écrit des articles à saveur financière. Elle a notamment collaboré avec le journal les affaires, le magazine Châtelaine et la revue Conseiller. On peut aussi voir Sophie à la télé où elle tient occasionnellement une chronique sur l’actualité économique et financière.