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06/12/2009

Profits des banques: la ronde des milliards

ArgentUSciel_IS Ces jours-ci nos grandes banques font connaître leurs résultats du 4e trimestre. Tous les spécialistes s’attendaient à de solides performances. Mais vous êtes plusieurs à vous questionner : comment peuvent-elles engranger autant de profits alors que la récession est tout juste derrière nous?

S’il est vrai que la Banque Nationale (BN) a brisé le seuil psychologique du milliard de bénéfices en 2009, il reste que les investisseurs n’ont pas été séduits par ce chiffre tout rond. Le prix de l’action de la BN a chuté de 6 % (plus de 3,75 $ l’action) après l’annonce des résultats. Pourquoi en est-il ainsi et comment faut-il interpréter ce compte-rendu?

En fait, comme je vous en ai déjà fait part dans un autre billet, la bourse est un marché d’anticipations qui intègre en tout temps le consensus des données à venir (dans le cas présent de bons résultats). Or, pour la Banque Nationale, le bénéfice par action était attendu à 1,47 $ par action et il fut plutôt de 1,39 $. Au-delà de ce chiffre, les analystes ont également évalué la qualité des profits. Proviennent-ils des opérations courantes (activités de prêts, gestion de patrimoine…) ou plutôt des activités d’arbitrage (plus volatiles) de la trésorerie? Dans le cas de la BN, on considère qu’une trop grande part des revenus a été générée par des activités non opérationnelles (marchés boursiers notamment), des profits moins susceptibles de se répéter.

Faire un milliard de dollars de profits ce n’est qu’un chiffre absolu. Il faut aussi évaluer combien d’actionnaires se partageront ces bénéfices. C’est là que le rendement sur l’avoir des actionnaires permet de mieux saisir la performance relative d’une entreprise d’un même secteur par rapport à une autre. Mais je reviens à ma première question : comment nos banques peuvent-elles engranger autant de profits alors que la récession est tout juste terminée?  

Et bien, la réponse me semble évidente. La crise financière et économique a permis aux banques canadiennes de profiter de taux d’emprunts presque nuls dans le court terme. Le taux prescrit par la Banque du Canada étant près de zéro, nos banquiers peuvent aisément justifier des taux ridiculement bas sur leurs dépôts. Sachant que les Canadiens empruntent pour leurs hypothèques (et autres emprunts) à des taux beaucoup plus élevés, c’est donc un contexte très favorable pour nos institutions bancaires. Et je pourrais ajouter à cela tous les frais qu’elles prélèvent sur leurs différents comptes auprès d’une clientèle, avouons-le, plutôt captive.

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Sophie StivalSophie Stival

Négocier des milliards de dollars pour une grande banque canadienne sort de l'ordinaire. C'est ce que Sophie Stival a fait durant plus de dix ans. Depuis l'automne 2008, Sophie est journaliste indépendante et écrit des articles à saveur financière. Elle a notamment collaboré avec le journal les affaires, le magazine Châtelaine et la revue Conseiller. On peut aussi voir Sophie à la télé où elle tient occasionnellement une chronique sur l’actualité économique et financière.