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13/12/2009

Fraude financière: plus de justice en 2010!

Criminel_cravate_iStock_000 L’heure des bilans approche. Nous serons en 2010 dans quelques semaines déjà! Avant de vous formuler mes souhaits, je vous propose un petit retour en arrière sur trois événements qui ont marqué, selon moi, le paysage économique et financier des Québécois cette année.

Pour entamer ce tour du chapeau, je ne peux passer sous silence le sujet chaud de l’été dernier qui s’est poursuivi cet automne : les fraudes financières. L’année 2009 a été riche (passez-moi le mot) en malversations de toute sorte. Quelles leçons pouvons-nous retenir de ces événements malheureux et que pouvons-nous souhaiter pour 2010 dans ce domaine?

2005 est le début d’un temps nouveau : le Québec est mis au parfum des scandales financiers par l’affaire Norbourg. Se succèdent ensuite plusieurs fraudes retentissantes perpétrées par des « criminels à cravate » … L’année 2009 marque, elle, l’apogée de ce cirque médiatique avec la libération conditionnelle de Vincent Lacroix au sixième de sa peine (procès au pénal). La population est estomaquée de l’absence de justice à l’égard des milliers de petits investisseurs qui ont tout perdu (plus de 100 millions $). Au même moment, un autre coup de massue nous attend : Earl Jones, un fraudeur qui se prétend conseiller financier floue des dizaines de personnes, y compris sa famille (arnaque évaluée à plus de 50 millions $).

Tout ce battage médiatique des derniers mois aura eu du bon et du moins bon. Cette hypermédiatisation a permis de sensibiliser les épargnants à la fraude financière. Oui, il est important de se poser les bonnes questions, de vérifier si son conseiller est inscrit au registre de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Mais, il faut aussi être conscient qu’empêcher tous les Earl Jones de la terre de vouloir escroquer son prochain est une tâche complexe, voire impossible. Surtout que ce dernier n’était même pas inscrit dans le fameux registre.

Et ce n’est pas en faisant peur à la population avec des campagnes de publicité (lire autre billet) que la fraude sera totalement enrayée au Québec. Il y a plus de 30 000 intervenants des marchés financiers qui offrent des conseils dans notre belle province. La quasi-totalité du lot est honnête et intègre (dixit Jean St-Gelais, président de l’AMF).  

Comment décourager véritablement des escrocs comme Vincent Lacroix et Earl Jones, qui ont fait des milliers de victimes au Québec? Et bien, commençons par leur imposer des sentences beaucoup plus sévères. Bernard Madoff a écopé de 150 ans de prison aux États-Unis, car là-bas les peines sont cumulatives. De quoi en dissuader quelques-uns de tenter leur chance…

Souhaitons qu’en 2010, les projets de loi des libéraux du Québec et des conservateurs au fédéral ne soient pas que de vœux pieux et qu’ils soient adoptés. Chez nous, on veut que dans le cas des fraudes financières les peines octroyées au pénal soient désormais consécutives. Il faut aussi des amendes beaucoup plus sévères. À Ottawa, Stephen Harper a finalement cédé aux pressions du Bloc Québécois qui réclamait l’abolition des remises en liberté au sixième de la peine des criminels non violents (tels les escrocs financiers). À nos élus de faire leur devoir maintenant!   

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Sophie StivalSophie Stival

Négocier des milliards de dollars pour une grande banque canadienne sort de l'ordinaire. C'est ce que Sophie Stival a fait durant plus de dix ans. Depuis l'automne 2008, Sophie est journaliste indépendante et écrit des articles à saveur financière. Elle a notamment collaboré avec le journal les affaires, le magazine Châtelaine et la revue Conseiller. On peut aussi voir Sophie à la télé où elle tient occasionnellement une chronique sur l’actualité économique et financière.