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03/12/2009

Dernier adieu à la revue Commerce

Commerce La revue économique Commerce publie son dernier numéro ce mois-ci. Fondée en 1898, c’est le plus vieux périodique qu’a connu le Québec. Au début, il s’agissait d’un bulletin de la Chambre de commerce de Montréal et dans les années 50, il s’est transformé en magazine. Transcontinental, qui en a fait l’acquisition en 1982, cesse maintenant sa publication. Pourtant, la revue compte près de 160 000 lecteurs (moi comprise).

Depuis quelques années, les médias écrits peinent à trouver des annonceurs et les lecteurs en paient souvent le prix, comme c’est le cas pour Commerce. Dans cette revue, les reportages nationaux et internationaux étoffés, les portraits de PDG « audacieux » d’ici et d’ailleurs, il y en avait beaucoup. On y parlait d’enjeux comme la fin du pétrole (autre billet) et de sujets inusités comme l’espionnage industriel ou la puissance des fonds souverains, le tout sur du papier glacé en couleur. Désormais, c’est l’hebdomadaire Les Affaires qui fera ce travail, et ce, sur du papier journal…

Pour regagner l’intérêt des annonceurs, Transcontinental remplacera Commerce par un nouveau « livre-magazine » qui doit cibler mieux son lectorat. Premium présentera une sélection d’articles et de textes traduits et tirés d’une presse d’affaires de renommée mondiale (The Economist, Harvard Business Review). Le « bookzine » relié et imprimé sur du papier de qualité sera destiné aux dirigeants d’entreprises. Il y aura donc peu de nouveaux contenus et moins de travail journalistique. Encore une fois, c’est une histoire de réduction de coûts. C’est bien dommage.

Jean Paré, éditeur de Premium, explique à Marianne Chouinard d’Infopresse : « Il y a beaucoup d'articles à lire dans la presse d'affaires internationale, mais les gens ont souvent peu de temps pour les découvrir. Premium sera le Courrier International des publications d'affaires, un créneau inexploité par la presse québécoise. Nous voulons offrir un environnement plus réflectif. C'est une nouvelle façon d'aborder la presse d'affaires et cela s'avère un beau complément à ce qu'on fait déjà. » Je suis bien d’accord. Mais là où le bât blesse, c’est que la nouvelle réalité économique oblige les éditeurs, même dans un milieu pointu (et plus payant) comme la presse affaires, à cibler un lecteur bien précis (le haut dirigeant) au détriment de la masse (les gens d’affaires).

La rédactrice en chef de Commerce  Diane Bérard a déjà écrit : « Commerce parle de gens d’ici, mais aussi de gens d’ailleurs, de Québécois qui travaillent à l’étranger et des étrangers qui influent sur notre économie. Commerce parle aux gens d’affaires et à tous ceux qui veulent comprendre cet univers. Commerce parle de la réalité qui fait les nouvelles, derrière les apparences. L’économie et le monde des affaires n’ont jamais été aussi passionnants! » Ne l’oublions pas.

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Sophie StivalSophie Stival

Négocier des milliards de dollars pour une grande banque canadienne sort de l'ordinaire. C'est ce que Sophie Stival a fait durant plus de dix ans. Depuis l'automne 2008, Sophie est journaliste indépendante et écrit des articles à saveur financière. Elle a notamment collaboré avec le journal les affaires, le magazine Châtelaine et la revue Conseiller. On peut aussi voir Sophie à la télé où elle tient occasionnellement une chronique sur l’actualité économique et financière.