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29/11/2009

Travailleurs immigrants: employabilité en danger!

OCDE_quad L’an dernier, les immigrants ont gagné de plus faibles salaires que les Canadiens d’origine, ils occupaient généralement des postes à temps partiel ou temporaire (malgré eux), et ce, tout en étant bien souvent surqualifiés. Ceci n’est pas une affirmation gratuite, mais bien le résultat d’une récente étude de Statistique Canada.

La plupart savent que le Québec connaîtra une pénurie de main-d’œuvre importante d’ici 2025 (Conference Board). La récession de la dernière année est en fait un simple sursis à cette panne d’employés à venir. L’écart entre l’offre et la demande de travailleurs se fait déjà sentir dans plusieurs secteurs comme le tourisme, par exemple. Une bonne part de la solution réside dans notre immigration et nous devrions tous nous sentir concernés : le gouvernement, les entreprises et les citoyens.

Il est possible de hausser le bassin de travailleurs « en attirant davantage d’immigrants qualifiés et en simplifiant la reconnaissance des titres de compétence étrangers », propose notamment le Conference Board. Mais pour attirer une main-d’œuvre étrangère qualifiée et scolarisée, il faut savoir les traiter comme des citoyens à part entière. Ça commence par les conditions de travail et le salaire. Certains me diront qu’il y a encore la moitié des entreprises québécoises qui ne sont toujours pas conformes à la Loi sur l’équité salariale (extension pour les récalcitrants jusqu’au 31 décembre 2010), alors, les immigrants… Mais les entreprises n’ont plus le choix! 

Augmenter simplement les seuils d’immigration (gouvernement), ne constitue pas une panacée infaillible. Il faut avant tout garantir à ces citoyens un meilleur taux d’emploi. Pour y arriver, les ordres professionnels et le gouvernement doivent démontrer une plus grande souplesse dans la reconnaissance des compétences et des acquis. De même, pour éviter que ces travailleurs se retrouvent tous à Montréal, assurons-nous de leur donner le goût d’apprendre le français en ayant des attentes réalistes.

N’oublions pas qu’un nouvel arrivant médecin ou ingénieur qui abandonne son métier quelques années (faute de reconnaissance) verra ses compétences rapidement périmées. Un beau gaspillage de capital humain. Aussi, certains immigrants ignorent qu’ils peuvent bénéficier de conseils et de services d’intégration en milieu de travail. Par exemple, l’Hirondelle est un organisme sans but lucratif qui tente d’intégrer ces immigrants en leur offrant de l’aide à l’emploi.  Ce centre, qui a pignon sur rue depuis 30 ans à Montréal, dessert des milliers de gens depuis ses débuts en leur proposant des services de formation, de mentorat, de jumelage en entreprise et des conseils de toutes sortes. Tout ce soutien est gratuit, mais beaucoup l’ignorent. Passons le mot.

Vous sentez-vous concerné par l’employabilité de ces citoyens? 

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Blogueuse

Sophie StivalSophie Stival

Négocier des milliards de dollars pour une grande banque canadienne sort de l'ordinaire. C'est ce que Sophie Stival a fait durant plus de dix ans. Depuis l'automne 2008, elle est journaliste indépendante et écrit des articles à saveur financière.