« Crise alimentaire et climatique: l'indifférence des riches | Accueil | Enquête publique : c'est assez les diversions, M. Charest! »

22/11/2009

Poker en ligne: renflouer les coffres en ciblant nos jeunes

Jeu_IS Après le lancement de Lotto Max cet automne (lire mon billet), Loto-Québec souhaite maintenant s’attaquer au lucratif marché du poker en ligne. En investissant les réseaux sociaux sur Internet, la société d’État cible ouvertement les jeunes. On peut se demander si cette alternative « légale » aux multiples sites interdits sera rentable pour la collectivité. Permettez-moi d’en douter.

Le poker ce n’est pas comme jouer à la roulette, diront certains. Si ce jeu nécessite un peu de stratégie, il repose aussi sur une bonne part de chance. Se pourrait-il que les nombreuses personnalités artistiques québécoises associées au poker (lire René Angélil, Garou, Guy A. Lepage, Guy Laliberté) contribuent aussi à placer ce jeu de hasard sur un piédestal? Mais dans le cas du poker en ligne, on parle plutôt de l’argent de poche de nos ados et non du vice de célébrités qui en ont les moyens. À quand une pub de vedettes pour ternir un peu cette aura de prestige?

« Les jeunes jouent présentement sans protection aucune et sans encadrement (…) et c’est l’État qui assume les coûts sociaux (…) sans en retirer aucun bénéfice », affirme le grand patron de la société Alain Cousineau sur les ondes de Radio-Canada. Mais comment élargir l’offre de jeux de hasard peut-elle réduire les coûts sociaux et être une solution rentable? C’est absurde.

À Maisonneuve en direct (radio de Radio-Canada), Alain Dubois, porte-parole de la coalition Enjeu, explique que l’accessibilité (24 h sur 24 h) des jeux en ligne se contrôle très difficilement. Les jeunes jouent aussi de plus en plus au poker (sondage de l’Institut de la statistique du Québec). Plus d'un adolescent sur cinq (21 %) a misé de l'argent au poker au moins une fois pendant les 12 mois de l'étude, contre 15 % en 2006.

En cette période de déficits budgétaires, le gouvernement cherche (à tout prix) à renflouer ses coffres. Et les jeux en ligne offrent des perspectives de croissances intéressantes (croissance annuelle moyenne de 30 % entre 2003 et 2008). Mais puisque l’État québécois n’est jamais intervenu dans le passé auprès des nombreux casinos illégaux, il serait bien mal placé de vouloir s’approprier ce marché aujourd’hui en ciblant nos jeunes.

Qu’en pensez-vous?

Commentaires

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.

publicité

Blogueuse

Sophie StivalSophie Stival

Négocier des milliards de dollars pour une grande banque canadienne sort de l'ordinaire. C'est ce que Sophie Stival a fait durant plus de dix ans. Depuis l'automne 2008, elle est journaliste indépendante et écrit des articles à saveur financière.