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09/11/2009

Dr Catastrophe craint une nouvelle bulle spéculative

Nouri_Roubini_AP Le taux de chômage américain a franchi la barre des 10 % en octobre (10,2 % exactement). Mais les marchés financiers ne semblent pas trop préoccupés par l’économie réelle. Depuis le creux de mars dernier, les indices boursiers affichent des rendements exceptionnels, voire mirobolants, dans le cas des marchés émergents.

La politique des taux quasi zéro de la Banque centrale américaine (Fed) affaiblit la devise américaine et favorise le gonflement d’une bulle spéculative dangereuse, affirme l’économiste et oracle Nouriel Roubini. Celui que l’on surnomme Dr Catastrophe (Dr Doom) a-t-il raison de sonner l’alarme?

Quand Nouriel Roubini parle, le monde entier tend l’oreille. Pourquoi? Parce qu’il est le seul à avoir prédit la crise des subprimes (prêts hypothécaires risqués). En 2006, l’économiste de l’Université de New York explique à un auditoire sceptique le déroulement de la prochaine débâcle financière.

Le 1er novembre dernier, il a exprimé de nouvelles craintes dans une lettre publiée dans le Financial Times. Le docteur en économie met en garde la Réserve fédérale américaine et les autres banquiers centraux de la planète contre le réel danger de maintenir trop longtemps les conditions monétaires accommodantes (taux près de zéro).

Bien qu’une partie de la reprise boursière soit le fait de meilleures données économiques (production surtout), la hausse est beaucoup trop rapide et importante, croit le spécialiste. Ceci s’expliquerait par une manœuvre des spéculateurs financiers qui empruntent des milliards de dollars américains à de faibles taux pour ensuite réinvestir le tout dans des pays (actifs et monnaies) qui offrent des rendements beaucoup plus alléchants (pays émergents comme le Brésil ou l’Asie).  

Ce stratagème (carry trade) est simple. Le plus gros risque serait une remontée rapide des taux d’intérêt et le retrait des centaines de milliards de dollars injectés pour éviter la dépression. En réitérant (mois après mois) son intention de garder les taux près de zéro, la Fed contribue directement à cette bulle, affirme M. Roubini. Et le jour viendra où le marché changera d’avis, les taux remonteront et alors la porte de sortie ne sera jamais assez grande pour tous… Malheureusement lorsqu’une bulle se dégonfle elle ébranle généralement l’ensemble du marché, petits investisseurs compris.

Il n’est pas simple pour les banquiers centraux de stimuler nos économies sans les faire surchauffer. Le cas est encore plus vrai au lendemain d’une crise sévère. Personne ne connaît l’avenir, mais le message d’avertissement de M. Roubini vaut la peine d’être entendu. Y a-t-il un spéculateur dans la salle?
 
 


 



 

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Sophie StivalSophie Stival

Négocier des milliards de dollars pour une grande banque canadienne sort de l'ordinaire. C'est ce que Sophie Stival a fait durant plus de dix ans. Depuis l'automne 2008, Sophie est journaliste indépendante et écrit des articles à saveur financière. Elle a notamment collaboré avec le journal les affaires, le magazine Châtelaine et la revue Conseiller. On peut aussi voir Sophie à la télé où elle tient occasionnellement une chronique sur l’actualité économique et financière.