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30/11/2009

Crise à Dubaï: y aura-t-il contagion?

DDubai_AP L’annonce a ébranlé les marchés mondiaux comme une onde de choc. La semaine dernière Dubaï demande à ses créanciers une suspension (moratoire) d’au moins six mois sur le remboursement de la dette de son conglomérat Dubai World (près de 60 milliards de dollars). Pourtant, plusieurs connaissaient les problèmes de cet émirat arabe (texte The Economist). La bulle immobilière locale s’est dégonflée, mais le gouverneur autocrate de ce petit pays éludait la question du revers de la main.  

La confiance des investisseurs envers les pays du golfe Persique, particulièrement des Émirats arabes, pourrait être compromise, croient des spécialistes du Wall Street Journal et du journal Le Monde qui pointent du doigt le manque de transparence du gouvernement. On peut aussi se demander si cette annonce sonne la fin de la démesure des îles artificielles et autres attraits touristiques de grand luxe de cet émirat.

Bien que la Banque centrale des Émirats arabes unis ait mis à disposition des liquidités supplémentaires pour aider le système bancaire, le gouvernement de Dubaï soutient qu’il ne garantira pas les dettes du conglomérat Dubai World. L’incertitude règne, car Dubai World a  des intérêts dans de nombreuses entreprises dans le monde (20 % du Cirque du Soleil notamment). Beaucoup ignorent encore quelle sera l’ampleur des dégâts.

La crise qui sévit présentement risque-t-elle de « rayer Dubaï de la liste des cités qui comptent », se demande Jérôme Fénoglio du journal Le Monde? « Ce serait oublier l'avantage que lui donne sa situation géographique au centre d'un immense bassin de population allant de l'Inde à l'Afrique, estime Philippe Dauba-Pantanacce, économiste chez Standard Chartered, à Dubaï depuis deux ans. L'émirat repose aussi sur l'économie bien réelle de son port d'échanges de conteneurs de Djebel Ali, troisième mondial, et de son aéroport, classé sixième. »

Dans ce petit pays où le tourisme et l’immobilier sont les moteurs économiques, le pétrole est presque inexistant. C’est Abou Dhabi, l’émirat voisin de Dubaï qui possède plus de 90 % des réserves en pétrole et en gaz naturel des Émirats arabes unis. Beaucoup pensent que ce riche cousin ne souhaite plus être l’unique bouée de sauvetage (comme en février). Dubaï doit donc trouver d’autres vrais appuis et pas seulement des spéculateurs, comme le suggère The Economist. Mais à quel prix? Spéculation et crises financières font rarement bon ménage…     

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Blogueuse

Sophie StivalSophie Stival

Négocier des milliards de dollars pour une grande banque canadienne sort de l'ordinaire. C'est ce que Sophie Stival a fait durant plus de dix ans. Depuis l'automne 2008, elle est journaliste indépendante et écrit des articles à saveur financière.