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08/11/2009

Autorité des marchés financiers: une pub qui rate la cible?

AMF_quad  L'Autorité des marchés financiers (AMF) lance cette semaine une vaste campagne de publicité pour sensibiliser la population contre la fraude. Après les événements de l’été, c’était opportun. Mais en visionnant la pub, je me suis demandé si elle n’avait pas un peu raté sa cible.

Tout d’abord, le slogan « Avant d’investir, investiguez » envoie un drôle de message. N’est-ce pas plutôt le rôle de l’AMF d’enquêter? La population gagnerait bien sûr à être mieux informée et éduquée avant de confier son épargne à n’importe qui, mais lui demander d’investiguer, le mot est un peu fort.

Oui, il est important de vérifier si son conseiller détient les permis appropriés et figure au registre de l’AMF. Mais si l’Autorité n’a pas réussi à démasquer Vincent Lacroix, qui était pourtant enregistré à l’AMF, comment le commun des mortels pourra-t-il le faire?

L’idée première de cette campagne est très bonne. S’associer à une personnalité publique comme Guy Mongrain pour humaniser la fraude financière l’est aussi. Mais on aurait aimé entendre pendant le clip publicitaire (et non seulement durant la conférence de presse) un vrai témoignage de M. Mongrain. Combien a-t-il perdu? Pourquoi? Comment s’est-il senti? Perdre 300 000 $ ce n’est pas rien, même pour un animateur de télé.
 
Cette campagne de sensibilisation coûtera 1 million de dollars. On diffusera le message au petit écran et à la radio aux heures de grande écoute. À mon avis, cette pub d'une trentaine de secondes rendra les gens méfiants sans pour autant leur dire quoi faire. Or, la quasi-totalité des gens du milieu est honnête, affirme le président de l’AMF Jean St-Gelais. Mais si l’industrie financière est constituée en grande majorité de professionnels intègres et compétents, pourquoi demander publiquement à la population d’investiguer?

Il faudrait plutôt rappeler aux gens que les cas de fraudes sont rares, mais qu’ils existent. Qu’il y a des mesures à prendre pour les éviter (les détailler), mais parfois le petit investisseur ne peut rien faire (contrairement à l'AMF). 

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Sophie StivalSophie Stival

Négocier des milliards de dollars pour une grande banque canadienne sort de l'ordinaire. C'est ce que Sophie Stival a fait durant plus de dix ans. Depuis l'automne 2008, Sophie est journaliste indépendante et écrit des articles à saveur financière. Elle a notamment collaboré avec le journal les affaires, le magazine Châtelaine et la revue Conseiller. On peut aussi voir Sophie à la télé où elle tient occasionnellement une chronique sur l’actualité économique et financière.