« Changement d'heure, plus d'avantages que d'inconvénients? | Accueil | L'empreinte écologique des naissances: un calcul dangereux? »

02/11/2009

Échiquier énergétique: le Québec damne-t-il le pion aux Maritimes?

Hydro_CP En acquérant Énergie Nouveau-Brunswick, Hydro-Québec ne fait pas que gagner 370 000 nouveaux abonnés (comparativement à 3,9 millions de clients au Québec). Notre société d’État obtient surtout le droit d’exporter plus d’électricité vers les États-Unis (voie d’accès). C'est donc une affaire de gros sous. 

À l’heure où nos déficits explosent, on ne pourra pas accuser Jean Charest d’immobilisme. Il tente par tous les moyens d’assurer d’autres sources de revenus. Mais quelles sont ses intentions pour le Québec? N’oublions pas que si H-Q gèle le tarif des Néo-Brunswickois pour cinq ans, ces derniers paient tout de même leur électricité 60 % plus cher que nous (5 cents de plus du kWh)! Qu’en sera-t-il du tarif des Québécois?

À un an d’une élection provinciale au Nouveau-Brunswick, la transaction est très politique. Son premier ministre, Shawn Graham, parle de protocole d’entente entre les deux gouvernements où la coopération énergétique sera à l’honneur. En plus des aspects écologiques (diminue la dépendance au charbon), les tarifs des particuliers seront gelés pour cinq ans et croîtront ensuite au prix de l’inflation. Les entreprises voient aussi leur tarif baisser de 20 %.

Le N-B demeurera le maître d’œuvre de sa politique énergétique, affirme M. Graham. Permettez-moi d’en douter… Bien sûr, la province maritime en profitera pour réduire sa dette de 40 % pendant qu’Hydro-Québec s’endettera de 4 milliards $. Mais l’entreprise publique (les Québécois) aura en retour un actif hautement stratégique.

Jean Charest souhaite également conclure des ententes similaires avec le reste des Maritimes. Le Québec serait déjà en discussion avec l’Ile-du-Prince-Édouard. Terre-Neuve, elle, se sent prise au piège et on peut la comprendre. En fait, la vraie question c’est de savoir si ces ententes seront établies dans l’« intérêt commun de tous » comme l’a dit Jean Charest lui-même lors de l’annonce.

Qu’en pensez-vous?

Commentaires

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.

publicité

Sophie StivalSophie Stival

Négocier des milliards de dollars pour une grande banque canadienne sort de l'ordinaire. C'est ce que Sophie Stival a fait durant plus de dix ans. Depuis l'automne 2008, Sophie est journaliste indépendante et écrit des articles à saveur financière. Elle a notamment collaboré avec le journal les affaires, le magazine Châtelaine et la revue Conseiller. On peut aussi voir Sophie à la télé où elle tient occasionnellement une chronique sur l’actualité économique et financière.