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08/10/2009

Suicide au travail: de France Télécom à chez nous

FranceTelecom_AP Un 24e employé de France Télécom s’est enlevé la vie récemment. C’est beaucoup en un peu plus de 18 mois. Le climat de travail serait en cause dans la plupart de ces cas. Mais autant de suicides au sein d’une même entreprise résultent-ils d’un effet de contagion? Dans un marché de l’emploi où le chômage est passé au Québec de 7,2 % (novembre 2008) à 9,1 % (août 2009), devons-nous nous sentir concernés?

L’INRS en France a produit un dossier pertinent sur le suicide au travail. On y apprend qu’un travailleur qui vit un stress chronique (durable) au boulot peut éventuellement devenir dépressif et être poussé à passer à l’acte.


On fait également référence à une étude parue en 2002 (94 000 infirmières américaines suivies pendant 14 ans) qui souligne qu’un « état de stress déclaré peut être associé à un suicide des années plus tard ». Je ne peux m’empêcher de penser à notre personnel infirmier qui travaille souvent dans des conditions assez difficiles.

Les sources de stress au travail seraient dans de nombreux cas liées au déséquilibre qui existe entre une forte pression (psychologique) à satisfaire aux exigences et l’absence de marge de manœuvre. Selon le syndicat des employés de France Télécom, ce sont des pratiques comme celle de bouger les cadres de l’entreprise tous les trois ans (règle interne du Time to move) qui serait « à l’origine des nombreux suicides ». Bien d’autres façons d’agir ont été dénoncées (conversations sur écoute notamment). 

Je vous entretenais il y a quelques semaines d’une enquête du magazine Jobboom sur les valeurs au travail des Québécois. Et bien, le climat de travail arrivait bon premier, après l’argent. « Travailler dans un lieu où règnent l’entraide, la solidarité, la transparence : pour les Québécois, c’est plus qu’un simple souhait, c’est essentiel! », écrit Johanne Latour de Jobboom.

Les entreprises veulent être rentables et concurrentielles, mais pour y parvenir ça leur prend une main-d’œuvre mobilisée qui ne rentre pas au boulot à reculons. Comme n’a pas manqué de le souligner Ariane Krol, éditorialiste à la Presse, dans un récent papier : « la crainte du chômage ne rend pas la mauvaise gestion plus tolérable ».

Vivez-vous du stress dans votre travail?

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Sophie StivalSophie Stival

Négocier des milliards de dollars pour une grande banque canadienne sort de l'ordinaire. C'est ce que Sophie Stival a fait durant plus de dix ans. Depuis l'automne 2008, Sophie est journaliste indépendante et écrit des articles à saveur financière. Elle a notamment collaboré avec le journal les affaires, le magazine Châtelaine et la revue Conseiller. On peut aussi voir Sophie à la télé où elle tient occasionnellement une chronique sur l’actualité économique et financière.