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21/10/2009

Financement occulte des partis et collusion: il faut une enquête publique

Gomery_CP Dans le dossier du financement des partis et de la présumée collusion dans le milieu de la construction, une commission d’enquête publique doit être instituée. Ce que dit le juge à la retraite, John Gomery, est plein de bon sens. Une enquête policière qui cible certains individus n’est qu’un pansement sur un problème beaucoup plus important. Et l’un n’empêche pas l’autre. Il est plus efficace « de déterminer la cause d’une maladie avant d’administrer un traitement à un patient », rappelle le président de la campagne de financement du parti Projet Montréal de Richard Bergeron.

Une commission d’enquête publique n’a d’ailleurs pas le même objectif. L’argument de laisser le champ libre à la police est un prétexte commode qui permet d’éviter les explications qui s’imposent à la population. Retarder une telle commission n’est pas non plus une bonne chose. Si la Sûreté du Québec prend autant de temps que l’Autorité des marchés financiers à boucler ses enquêtes, ce n’est pas demain la veille que l’on connaîtra le fin fond de l’histoire. C’est pourtant l’utilisation responsable des milliards de dollars injectés par Québec et Ottawa pour les infrastructures qui est en jeu. 

Les policiers récoltent des preuves et tentent de trouver des coupables. Or, dans notre système de justice, la présomption d'innocence des accusés est fondamentale. Tant qu'un individu ne plaide pas coupable ou qu'un juge ne le condamne pas hors de tout doute raisonnable, on ne peut lui imputer une infraction criminelle. Dans le cas des caisses électorales occultes, son nom le dit bien, ce n'est pas simple de trouver les vrais coupables.   

Enfin, le désir de transparence du gouvernement Charest bien qu’il soit louable ne réglera pas grand-chose. Revoir la loi électorale qui encadre le financement des partis politiques pourra clarifier qui donne quoi dans le cas particulier des dons anonymes, mais pour le reste, un fait demeure : les partis n’arrivent pas à s’autofinancer en respectant la loi. Rendre les choses plus transparentes oui. Mais avant, tâchons de comprendre à quel point la corruption est généralisée. Il est hors de tout doute que la justice ne peut à elle seule faire toute la lumière sur ce scandale.  

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Sophie StivalSophie Stival

Négocier des milliards de dollars pour une grande banque canadienne sort de l'ordinaire. C'est ce que Sophie Stival a fait durant plus de dix ans. Depuis l'automne 2008, Sophie est journaliste indépendante et écrit des articles à saveur financière. Elle a notamment collaboré avec le journal les affaires, le magazine Châtelaine et la revue Conseiller. On peut aussi voir Sophie à la télé où elle tient occasionnellement une chronique sur l’actualité économique et financière.